Conseil de sécurité/Erythrée: L’étau se resserre autour du régime d’Asmara

Par ABS | 26 décembre 2009
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Conseil de sécurité/Erythrée: L’étau se resserre autour du régime d’Asmara

Source: ADI

En décidant mercredi dernier de sanctionner sévèrement l’Erythrée par une série de mesures dont un embargo sur les armes, le gel de ses avoirs à l’étranger et une interdiction de voyager pour les hauts responsables du régime, le conseil de sécurité de l’ONU vient de signifier au bouillant président érythréen que la communauté internationale en a plus qu’assez de ses agissements dans la région de la Corne de l’Afrique. Issayas Afeworki, le belliqueux autocrate qui tient d’une main de fer son pays, souffle sur les braises du conflit somalien en fournissant des armes aux insurgés islamistes qui mettent à feu et à sang Mogadiscio. De nombreux chefs de guerre somaliens opposés au processus de paix résident dans la capitale érythréenne d’où ils téléguident les menées subversives de leurs partisans. Asmara est également pointée du doigt par le conseil de sécurité de l’ONU pour avoir opposé une fin de non recevoir à la résolution 1862 concernant le conflit qui l’oppose à notre pays. On se souvient en effet que le 10 juin 2008, l’armée érythréenne a déclenché les hostilités avec les forces djiboutiennes à Doumeira, à l’extrême nord du territoire djiboutien. Et que depuis cette date, Doumeira et l’île de Doumeira sont illégalement occupées par l’armée érythréenne malgré les injonctions de l’ONU. La résolution adoptée mercredi dernier par le conseil de sécurité de l’ONU est donc une suite logique d’une série de mesures restées lettre morte, le régime d’Asmara ayant à maintes reprises refusé de les respecter. L’ambassadeur de Djibouti à l’ONU, Roble Olhaye, s’est félicité de l’adoption de cette résolution qui, a-t-il dit, était devenue inévitable. « Justice est enfin faite pour répondre à l’agression que l’Erythrée a commise contre notre pays il y a presque deux ans » a ajouté le diplomate djiboutien. Un avis que beaucoup de ses concitoyens partagent alors que l’essentiel des troupes djiboutiennes sont massées à la frontière face aux forces érythréennes. La population djiboutienne dans son ensemble se demande ce qui a bien pu pousser la Libye à se prononcer contre les sanctions imposées à l’Erythrée. Ici, tout le monde a en mémoire la réaction chevaleresque du président Gouled qui, le 30 novembre 1998, a violé, au nom de la solidarité arabe, l’embargo aérien qui avait été imposé à la Libye alors dans le creux de la vague. En se rendant ce jour-là à Syrte, dans le nord de la Libye, l’ancien chef de l’Etat djiboutien avait exprimé le soutien et la solidarité du peuple de Djibouti au peuple frère de Libye. En prenant fait et cause mercredi pour Asmara, la Libye nous démontre qu’elle a la mémoire courte. Nous n’avons donc qu’à en prendre acte. Il faut dire que de nombreux observateurs approuvent les sanctions contre Asmara dont le rôle de fauteur de troubles est notoirement connu. L’ancien guérillero qui se plaît à jouer avec le feu risque-t-il aujourd’hui de s’en mordre les doigts ? Tout porte à le croire.

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