Inscrire dans la durée le maintien de l'équilibre des régimes de retraite : Le plus grand défi de la CNSS
Source: ADI
Pour maintenir l'équilibre des régimes de retraite, la vigilance doit être de mise. Consciente des enjeux liés à cet impératif, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) travaille depuis plusieurs années en étroite collaboration avec le cabinet international d'audit et de conseil Mazars dont les investigations sur le terrain ont débouché sur l'élaboration d'un premier rapport sur l'étude d'équilibre/diagnostic des régimes de retraite à Djibouti.
Ce rapport, qui se veut une grille d'évaluation plutôt rigoureuse, offre des analyses pousseés en envisageant la décennie à venir au travers d'un savant découpage en deux périodes de cinq années.
Son aspect le plus intéressant est qu'il spécifie ou répartit ses constatations suivant la distinction entre régime général et régime particulier.
Or, la gestion de ce dernier pose d'énormes difficultés à la CNSS pour des raisons évidentes que nul ne peut ignorer.
Un exemple suffit pour illustrer l'ampleur du problème causé par le deséquilibre consécutif à la différence sans cesse croissante entre le nombre de cotisants et celui de retraités : en un peu moins d'un demi-siècle d'indépendance, le nombre des membrés du Parlement est resté le même (65), tandis que celui des bénéficiaires de retraite issus de cette institution a augmenté sans discontinuer au fil des ans. Ou, plus exactement, des législatures.
Selon le magazine en ligne AfricaBusinesse+, ledit rapport a été remis à la CNSS en 2022.
Une autre étude sur laquelle planche depuis lors Mazars concerne "les améliorations à apporter aux régimes de retraite du pays"
Elle devrait offrir un éventail de mesures à entreprendre pour poursuivre la dynamique enclenchée à la fin des années 90 avec la réforme des régimes de protection sociale dont la CNSS est elle-même le fruit.
Soulignons au passage que Mazars, qui opère à l'heure actuelle dans une vingtaine de pays, prodigue ses conseils à de nombreux organismes dédiés à la protection sociale en Afrique.
Si la CNSS peut miser aujourd'hui sur un nombre de cotisants (80.000) largement supérieur à celui des retraités (15.000), elle n'ignore pas toutefois que son objectif d'inscrire dans la durée le maintien de l'équilibre des régimes de retraite est indissociable d'une exigence : celle d'explorer toutes les possibilités qui s'offrent à elle pour mieux garantir la sécurité sociale.
Ainsi, la CNSS entend mettre en oeuvre "un programme d'enrôlement des travailleurs indépendants".
L'Institut national de la statistique de Djibouti (INS), appelé à la rescousse, va y contribuer en réalisant une enquêter dans ce domaine.
Citant des chiffres officiels, Afica Business+ rapporte que, suivant le budget prévisionnel de la CNSS pour l'année 2024, les recettes s'établissent à 35.139.584.124 fdj, alors que les dépenses s'élèvent à 31.442.597.986 fdj., soit une marge excédentaire de 3.696.986.139 de nos francs.
La hausse de ce budget prévisionnel par rapport à celui de l'année écoulée s'explique par une augmentation de près de 6% des cotisations sociales.
Beaucoup moins marquée que celle des recettes, la hausse du niveau des dépenses par rapport à l'année 2023 est quand à elle imputable à l'arrivée de nouveaux retraités et à l'augmentation des fonds dédiés à l'Assurrance-maladie universelle (AMU).
Ces résultats encourageants ont naturellement aiguisé en retour les désirs de la CNSS de rechercher davantage d'opportunités de placements comme en témoigne "l'investissement en capital -la semaine dernière- pour 5,4 millions de dollars, dans la Trade Development Bank, la banque de commerce et de développement de l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe", dont fait état Africa Business+ selon lequel les investissements de la CNSS dans cet établissement se chiffrent désormais à plus de 15 millions de dollars.
La CNSS peut, en outre, se targuer de disposer de ressources autres que ces investissements et dont la valeur est estimée à 1,28 milliards fdj..
Il s'agit entre autres de produits financiers à hauteur de 602,4 millions de nos francs.
Enregistrant une augmentation de 4% par rapport à l'exercice 2023, le budget d'investissement qui devrait atteindre cette année 835,7 millions de nos francs va aider notamment à traduire dans les faits les avancées majeures qui se profilent derrière "les plans clés d'informatisation du système de données et de modernisation du dispositif organisationnel (gestion RH, comptabilité analytique et gestion électronique de documents)."
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