Actualités / GÉNÉRAL

Mer Rouge : le navire marchand Rubymar qui a sombré présente un risque pour l'environnement

04 mars 2024
8,657 vues
Mer Rouge : le navire marchand Rubymar qui a sombré présente un risque pour l'environnement

Source: ADI

Touché, et finalement coulé. Victime il y a une dizaine de jours d’une attaque des rebelles houthistes, un cargo battant pavillon du Bélize et exploité par une entreprise libanaise a finalement sombré en mer Rouge, samedi 2 mars. Et avec lui, sa cargaison de plus de 20 000 tonnes d’engrais, classée comme très dangereuse. Le Yémen redoute désormais une “catastrophe environnementale”. L’attaque remonte au 18 février dernier. Le Rubymar, un vraquier chargé d’engrais était touché par deux missiles houthistes, en mer Rouge. Deux semaines plus tard, le cargo a finalement sombré au large du Yémen, après avoir dérivé dans le golfe d’Aden. Depuis le début du conflit au mois de novembre, il s’agit du premier naufrage d’un navire visé par les rebelles. L’équipage avait quant à lui pu être secouru. Le Rubymar, qui battait pavillon du Bélize, était exploité par la société libanaise Blue Fleet. Au moment de l’attaque, il faisait route vers Varma en Bulgarie, après avoir chargé sa cargaison dans le port saoudien de Ras el-Kheir.

Un haut dirigeant houthi a déclaré qu’il tenait le Premier ministre britannique Rishi Sunak et son gouvernement responsables du naufrage du Rubymar, mais qu’ils pourraient renflouer le vraquier “en autorisant les camions d’aide à entrer dans Gaza”.

Ce groupe soutenu par l’Iran, qui dit agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, multiplie les attaques contre des navires marchands qu’il estime liés à Israël en mer Rouge, une zone cruciale pour le commerce international.

Selon le Fonds monétaire international, le transport de conteneurs par la mer Rouge a chuté de près d’un tiers cette année en raison des attaques des rebelles houthis du Yémen.

Une “catastrophe environnementale” à venir ?

“Les quelque 21 000 tonnes d’engrais à base de sulfate de phosphate d’ammonium que transportait le navire présentent un risque environnemental en mer Rouge”, a alerté le Commandement central des Etats-Unis (CENTCOM), dans un communiqué. “En coulant, le navire présente également un risque d’impact sous la surface pour les autres navires qui empruntent les routes de navigation très fréquentées de la voie navigable”, a ajouté le CENTCOM. Par ailleurs, des images satellites du navire, avant qu’il ne coule, et publiées par CENTCOM, montraient une “marée noire” s’étendant sur une trentaine de kilomètres, précise L’Orient-Le Jour.

Selon le site TankerTrackers, le naufrage “provoquerait une catastrophe environnementale dans les eaux territoriales (yéménites) et en mer Rouge”. Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), le Premier ministre yéménite Ahmed Bin Mubarak a estimé que la catastrophe écologique provoquée par ce naufrage constitue “une menace pour la vie de notre peuple et des générations à venir”.

Au-delà du risque écologique, la dérive puis le naufrage du Rubymar pourrait fortement déstabiliser le trafic Internet. Selon des ingénieurs, l’ancre du navire pourrait abîmer des câbles majeurs qui relient l’Europe, l’Asie et l’Afrique, ce qui entraînerait coupures et ralentissements du débit Internet jusqu’en Inde.

Partager cette histoire