Lancement des assises nationales de l’Industrie
Par MAAS
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21 décembre 2009
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Source: ADI
Le ministre de la Justice, M. Mohamed Barkat Abdillahi a, en sa qualité de Premier ministre par intérim, inauguré hier au Palais du peuple les travaux des assises nationales pour la promotion et le développement du secteur de l’industrie.
Outre le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Rifki Aboulkader Bamakrama, le maire de Djibouti, M. Ali Ismaël Yabeh, le représentant du bureau du Pnud, M. Harbi Chirdon Abass, ainsi que les membres du corps diplomatique et consulaire accrédités à Djibouti ont pris part à la cérémonie inaugurale de ces assises qui se tiendront jusqu’à demain.
Organisées pour la première fois en République de Djibouti, les assises nationales de l’industrie ont pour objectif principal d’élaborer une stratégie de développement du secteur industriel par la valorisation de filières existantes telles que la pêche, l’artisanat ou le tourisme.
A cela s’ajoute, la création, le renforcement des capacités productives et commerciales et l’appui au développement du secteur privé car la vocation première de ce secteur est de réduire la pauvreté, d’exploiter les ressources naturelles et humaines tout en créant des emplois.
Dans un discours qu’il a prononcé à cette occasion, M. Mohamed Barkat Abdillahi a affirmé tout d’abord que la "stratégie de développement industriel est fondée sur la liberté, la promotion de l’investissement, la création d’emplois, le tout reposant sur la stabilité politique et sociale garante pour atteindre les objectifs d’un développement durable".
"La concrétisation de ces objectifs exige des conditions adéquates aux affaires et aux investissements. Il s’agit en effet, de former les compétences, de développer les infrastructures, de promouvoir les cadres institutionnels, juridiques et judiciaires, à même de stimuler l’investissement", a-t-il ajouté.
Persuadé que la modernisation des outils de production doit mener droit aux objectifs de développement socio-économique du pays, le ministre a souligné par ailleurs que "le but du gouvernement est d’assurer une croissance économique durable en vue de réduire le chômage et ainsi relever le niveau de vie de notre population". Et de poursuivre : "Notre gouvernement, sous le leadership du chef de l’Etat, est conscient que l’industrie peut être un levier de croissance puissant au service de notre développement".
Citant le cas de la zone franche de Djibouti qui intervient dans le cadre de la création du complexe portuaire de Doraleh, M. Mohamed Barkat Abdillahi a tenu à préciser que les travaux de ces assises nationales permettront "de dresser un bilan objectif et exhaustif de la situation, et par la même occasion, nous donner un cadre référentiel pour déterminer une politique industrielle à la mesure de nos ambitions".
Notons que l’industrie demeure le jalon du développement de notre pays et fait partie des secteurs prioritaires pour le gouvernement djiboutien bien qu’il représente un taux de pourcentage faible, soit 1% dans l’ensemble des secteurs d’activité.
Avec un taux annuel de 5 à 6 %, l’économie djiboutienne enregistre une croissance palpable et une évolution favorable dans le secteur de l’industrie. La création des usines d’eau, des céramiques, des marbres constitue la principale source d’investissement dans l’industrie djiboutienne.
Par ailleurs, le projet industriel et commercial du sel figure, par son ampleur et sa nature, au premier plan du programme du chef de l’Etat et de son gouvernement en vue d’insuffler un réel dynamisme au tissu industriel de Djibouti.
C’est dans cette optique que le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Rifki Aboulkader Bamakrama a, pour sa part, rappelé que la conception du projet de politique nationale de développement industrielle fait suite à une série d’études engagées avec l’appui des partenaires au développement.
"Le projet doit tendre vers la recherche de nouveaux moteurs de croissance économique et de création d’emploi. Il doit intégrer les objectifs de l’INDS, pour lutter contre la pauvreté et participer à l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyennes et concitoyens", a-t-il déclaré avant d’enchérir que " sa conception tiendra compte des exigences des objectifs du millénaire, le tout en accord avec les missions de participation aux échanges commerciaux régionaux et internationaux".
M. Bamakrama a en outre expliqué que "l’accent devrait être mis sur la promotion d’activités où Djibouti peut révéler des avantages de coût ou de localisation en comparaison des conditions de productions observées dans d’autres économies de la région".
"Globalement, le projet favorisera la mise en place d’un tissu industriel performant, capable de soutenir en amont et en aval le développement de l’agriculture, de l’élevage et la valorisation des ressources naturelles du pays", selon le ministre.
D’après le ministre, il permettra de "créer les conditions propices à l’émergence de nouvelles activités de productions de services par les entreprises actuelles, dans des créneaux où Djibouti peut bâtir des avantages comparatifs et après le redressement des outils de travail par des apports en nouveaux équipements et en technologie adaptées aux exigences de la performance".
Quant à Mme Magda Remon Coubèche, représentante de la Chambre de commerce de Djibouti, elle a insisté dans son intervention sur les raisons qui ont pu freiner le développement de ce secteur qui, selon elle, sont multiples et connues de tous.
"Face aux risques, notamment financiers inhérents au secteur industriel, nos opérateurs ont toujours été enclins à s’orienter essentiellement vers le négoce, plus prompt à générer un retour sur investissement conséquent. Les conditions extrêmes de notre environnement climatique, qui mettent à rudes épreuves aussi bien les machines que les hommes, ont pu également constituer un obstacle supplémentaire à l’émergence d’un tissu industriel" a-t-elle indiqué.
Mme Magda a évoqué à cet effet "l’insuffisance d’expertise et de main-d’œuvre qualifiée qui a pu, par le passé, dissuader les promoteurs locaux d’investir dans ce secteur et les rares entreprises industrielles à se développer".
"L’étroitesse du marché a pu également constituer un frein non négligeable à l’essor de notre industrie, sans parler de la cherté des coûts des factures de production électrique qui continue de majorer notamment le prix de revient des produits finis", a-t-elle conclu.
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