10ème anniversaire des Etats Généraux de l'Education Nationale : « Cette réforme, dont nous fêtons aujourd'hui les dix ans, appartient à vous, au pays, à la République toute entière », déclare le Chef de l’Etat

Par YHB | 07 décembre 2009
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10ème anniversaire des Etats Généraux de l'Education Nationale : « Cette réforme, dont nous fêtons aujourd'hui les dix ans, appartient à vous, au pays, à la République toute entière », déclare le Chef de l’Etat

Source: ADI

Le Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, a rehaussé cet après-midi de sa présence, au stade « El-Hadj Hassan Gouled Aptidon », les célébrations du 10ème anniversaire des Etats Généraux de l'Education Nationale, la plus grande reforme jamais engagée sur notre système éducatif depuis l’indépendance de notre pays en 1977. Cette commémoration placée sous le haut patronage du Chef de l’Etat, a pris des allures de fête nationale, avec la présence de plus de 10.000 spectateurs, officiels et anonymes, autour notamment d’un défilé haut en couleur exécuté pour la circonstance par plus de 1000 participants, dont des élèves et leurs enseignants, de mouvements d'ensemble, ou encore de chants et danses folkloriques effectués par les élèves des différentes écoles du pays. Qui, mieux que le Chef de l’Etat lui-même, véritable artisan de la refondation de la nouvelle école djiboutienne, pour mieux témoigner des progrès immenses accomplis dans ce secteur ô combien sensible, durant ces dix dernières années ? « Cette réforme, dont nous fêtons aujourd'hui les dix ans, appartient à vous, au pays, à la République toute entière », a dit d’emblée le Président Guelleh, s’adressant à la foule nombreuse venue assister à ce 10ème anniversaire des Etats Généraux de l'Education Nationale. Pour le Chef de l’Etat, « c’est le pays qui, dans son ensemble, a réalisé ce nouveau système d’éducation nationale qui relie, dans un cadre à la fois puissant et souple, l’école fondamentale aux plus hautes sphères du savoir humain, l’université; ce système d'éducation nationale au frontispice duquel vous n'avez pas craint d'écrire que, de la part de la société, « l'enseignement est un devoir de justice envers les citoyens ». L’ADI reproduit le discours présidentiel dans son intégralité. « Louange à Dieu que la paix et la bénédiction soient sur le Prophète, sa Famille et ses Compagnons Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, Chers élèves, chers étudiants, Chère jeunesse djiboutienne, Mes chers compatriotes, Il y a dix ans, jour pour jour, j'en appelais « aux intelligences, aux principes, aux cœurs et aux crans » du peuple Djiboutien pour que celui-ci se mette à pied d'œuvre au chevet d'une des institutions les plus précieuses, les plus sacrées, les plus emblématiques de la République. Il y a dix ans, avec l'intelligence, les principes, le cœur et le cran, qu'on lui reconnaît, le peuple de Djibouti, dans son ensemble, se levait, se rangeant à nos côtés, pour défendre sa haute idée et son idéal d'école de la République à travers une participation inédite aux mythiques travaux des Etats Généraux de l'Education Nationale. Parce que nos concitoyens la savaient essentielle pour l'avenir de leurs enfants et de notre nation ; Parce que l'école était un maillon déterminant de la société du progrès que nous voulions construire et dans laquelle nous voulions vivre. La mission qui fût la nôtre, durant ces longues journées de consultations et de concertations sur le devenir de notre système éducatif, revêtait dès lors, une importance capitale. Il nous incombait de rétablir l'école dans sa mission fondamentale de transmission des valeurs, de formation des intelligences, d'élévation des esprits, de préparation à la vie adulte et professionnelle, tout en ayant à cœur et à l'esprit, de l'orienter vers l'avenir. Du rayonnement de cette intelligence nationale jaillissait, alors, une vaste et profonde réforme portant l'ambition d'une justice sociale et ayant pour mission : le sauvetage de l'école et sa reconstruction sur de nouvelles bases plus conformes aux valeurs de notre République et aux aspirations légitimes de notre peuple. Ainsi, Mesdames et Messieurs, Cette réforme, dont nous fêtons aujourd'hui les dix ans, appartient à vous, au pays, à la République toute entière. C’est le pays qui, dans son ensemble, a réalisé ce nouveau système d’éducation nationale qui relie, dans un cadre à la fois puissant et souple, l’école fondamentale aux plus hautes sphères du savoir humain, l’université; ce système d'éducation nationale au frontispice duquel vous n'avez pas craint d'écrire que, de la part de la société, « l'enseignement est un devoir de justice envers les citoyens ». Que la société doit, à tous et à toutes, le nécessaire du savoir pratique. Que l'école, ce haut lieu du savoir, de l’intégration et de la promotion sociale, nantie des valeurs républicaines de l'égalité en droit et en chance, ne devait plus rester un lieu de tous les paradoxes : •un lieu qui continuerait à sacrifier l'avenir de générations entières de nos enfants, au nom d'un principe élitiste, reliquat d'une époque coloniale ; •un lieu qui persisterait à décharger sa cohorte de laissés-pour-compte, sortis prématurément du système éducatif, sans formation suffisante et sans qualification professionnelle ; •Un lieu où prédominerait une mentalité archaïque qui refuserait à la petite fille djiboutienne le droit fondamental à l'éducation ; •un lieu qui nierait l'égalité des chances en discriminant une grande partie de nos enfants selon leur appartenance à un milieu social favorisé ou défavorisé, selon leur localisation géographique et leur condition physique et mentale. Mais qu'au contraire, elle serait plus inclusive, plus généreuse, plus citoyenne : elle serait le creuset où sont réunis tous les enfants de la république, sans exception, sans exclusion. Pour jeter les bases de cette nouvelle école djiboutienne, l'Etat a décidé d'y mettre les moyens. Comme vous le savez, « Investir dans l'humain » a toujours été l'essentiel de la pensée politique de mon gouvernement. Nous en avons fait le socle de notre projet politique de société. En investissant aussi massivement dans l'éducation, nous avons décidé d'investir tout simplement dans l'avenir de notre Nation. Tout simplement parce que l'éducation engage notre jeunesse, donc l'avenir de notre pays. L'Etat a voulu donner le maximum à l'éducation afin que celle-ci nous forme au mieux le futur adulte, le futur citoyen, le futur travailleur. Cette mise en valeur du capital intellectuel de la nation, de toutes les capacités latentes, de tous les génies qui peuvent être méconnus ou étouffés, dans une république féconde, mes chers compatriotes, c'était le rêve de nos pères. Aujourd'hui, nous avons le droit de déclarer, qu'autant qu'il est possible de dire, qu'une grande œuvre est accomplie, grâce à vous, grâce au pays qui en a été l'âme, ce rêve est devenu une réalité. La nouvelle école djiboutienne est une réalité ! Le ministre de l'éducation nationale que je félicite au passage pour sa détermination à atteindre les objectifs que j'ai assigné à son ministère, vient de vous livrer tous ces chiffres. Et les chiffres ne mentent pas ! Pour substantiels qu’ils soient, tous ces résultats ne doivent cependant pas occulter l’ensemble des défis qui sont encore devant nous. Car cette nouvelle école pour laquelle nous nous sommes tant battus, avons tant mis d'énergies, ne doit pas décevoir. Elle ne peut pas décevoir. C'est pourquoi je m'inquiète, tout autant que vous, d'une tendance qui se démarque ces dernières années : nous constatons que les performances des élèves stagnent globalement alors que le budget de l’Éducation nationale ne cesse, lui, de progresser. Il est évident que si nous gagnons aujourd'hui la bataille de la quantité, il nous reste beaucoup à faire pour que notre système d'enseignement gagne en qualité et en efficacité. Je pense qu'on ne peut aujourd'hui sous-estimer ces difficultés qui parcourent notre système de formation. De ce fait, il devient impératif que nos établissements s’engagent sur des objectifs qualitatifs afin de rendre plus visibles les immenses services qu’ils rendent à la Nation et que, pour ce faire, ils passent d’une logique de l’accroissement indéfini des moyens à une logique de l’amélioration des résultats. Encore faut-il, pour y parvenir, prendre la mesure exacte des difficultés réelles auxquelles nous nous heurtons. Car en parlant de l'école, on est face à un sujet très passionnel. Tout le monde a une opinion, un avis et une analyse assez tranchée. Et j'entends qui disent que la politique de démocratisation de l'école, pour ne pas dire la réforme, est responsable de la baisse du niveau de la qualité dans notre système d'enseignement. Une telle critique revient à dire que cette nouvelle école djiboutienne volontairement inclusive est une école qui marche moins bien. Que cette nouvelle école djiboutienne fondée sur la justice et l'équité, et qui assure à chaque enfant de ce pays la place qui lui revient de droit, est une école du nivellement vers le bas. Permettez-moi, Mes chers compatriotes, d'exprimer toute ma réprobation et mon désaccord à l'égard d'une telle critique. Car, à mon sens, elle est, avant tout, injuste pour tous ceux qui, par leur savoir-faire et leur dévouement, se battent au quotidien pour que cette école tienne ses promesses en retenant le plus longtemps nos enfants dans le système. Je pense à nos vaillants maîtres d'écoles, aux professeurs de collèges, de lycées, d'université, aux formateurs du CFPA, du centre de formation pour femmes de Balbala ! À ces chefs d'établissement qui font un travail difficile mais remarquable, à ces dizaines d'hommes et de femmes inspectrices qui sillonnent inlassablement le pays, aux concepteurs pleins de talents du CRIPEN, au personnel administratif et technique. Je pense à tous ceux-là à qui, au passage, j'en profite pour rendre hommage. Cette critique n'est pas constructive. Ceux qui tiennent de tels propos ne défendent pas l'école. Je le dis et le répète : ce n'est pas en dénigrant un des acquis majeurs de la république que l'on peut faire avancer le débat. Quand une question est ouverte et touche à ce qu'il y a de plus sérieux dans les destinées du pays, il faut tout de suite et sans hésiter, aller au fond de la question. Mais de grâce, avec sincérité. Avec responsabilité. Avec citoyenneté. Car la question de l'école est une question trop cruciale. Notre système éducatif marque un peu le pas ? Moi, je dis qu'il cherche un nouveau souffle. Il nous interpelle à nouveau. Il interpelle l'Etat mais plus encore, il interroge la Nation. Nous partageons tous la même ambition. Celle d'offrir à chaque enfant, à 100% d'une classe d'âge, y compris aux enfants handicapés trop longtemps exclus, les clés de l'accomplissement personnel. La scolarité obligatoire, à quoi servirait-elle alors, si elle ne peut être synonyme pour chacun d'entre eux d'un parcours de réussite qui l'amènerait au meilleur de lui-même ? A quoi aura-t-elle servi, si elle ne permet pas à chaque enfant de trouver sa voie et sa place dans la société par l'instruction qu'il aura reçue et par ses qualifications ? Ces questions appellent évidemment au débat mais un débat pour agir. Car l'école, c'est notre patrimoine commun. L'école n'est ni le monopole de l'Etat comme beaucoup le pense, ni le monopole des parents, ni celui des enseignants, ni celui des élèves. L'école, c'est l'affaire de tout le monde et chacun d'entre nous doit rendre compte devant elle. Alors, mes chers compatriotes, je vous le demande : engageons-nous, là comme ailleurs, dans une culture d'objectifs, d'obligation de résultats. Faisons le choix de la confiance. Nous sommes capable de dresser un diagnostique partagé sur notre école. Soyons alors capable d'en tirer les conséquences. Unissons-nous dans un nouveau partenariat autour de l'école pour lutter plus que jamais : contre l'insuffisante maîtrise des élèves des savoirs fondamentaux comme « lire et écrire » à la sortie du primaire, contre l'échec trop élevé en fin de scolarité obligatoire, contre le développement préoccupant des incivilités et de la violence à l'école et en dehors de l'école. J'en suis convaincu, c'est par le biais d'un partenariat fort et responsable entre les différents acteurs de notre système éducatif que l'école djiboutienne pourra donner à chacun de nos enfants, par l'éducation, les clefs du progrès et d'un avenir meilleur. Les jeunes, quant à eux, ne doivent jamais oublier que l'école est « une échelle tendue sur l'avenir ». Leur avenir. Qu'ils soient collégiens, lycéens, apprentis, ou étudiants, je tiens à leur dire ces mots : ne vous laissez pas gagner par le doute, le scepticisme ou le désenchantement car ces derniers ouvrent la voie au renoncement puis à l'échec. Mes chers élèves, mes chers étudiants, L'école ou l'université, pour vous, c'est « une chance autant qu'une conquête ». Sachez que dans la société du savoir où nous vivons de nos jours, l'ignorance est plus encore qu'hier synonyme d'exclusion. Mais comment vous parler d'éducation sans aborder la question vitale de l'emploi quand je sais qu'elle engage votre avenir proche, quand je sais combien ce sujet vous préoccupe et combien, à cet égard, votre inquiétude est grande ? Votre préoccupation, l'Etat la partage. En effet, le problème du chômage, notamment celui des jeunes, se pose dans le débat public, depuis ces cinq dernières années, avec de plus en plus d'acuité et se traduit maintenant pour le pays en terme d'urgence. Cette problématique, en ce qui vous concerne, s'inscrit entre deux extrêmes : « chômer sans éducation » ou « être éduqué et chômer ». Nous refusons pour vous cette alternative implacable. Nous voulons, pour vous, et l'éducation et le travail, et pas l'un sans l'autre. Et cela est possible, si nous révisons nos méthodes. C'est possible, premièrement, si nous formons intelligemment nos jeunes et adaptons l'enseignement aux réalités et aux évolutions économiques de notre marché. Les sociétés qui ont réussi leur développement sont celles qui ont adopté des politiques d’éducation et de formation visant des objectifs tout à la fois réalistes, anticipatifs et ambitieux. Notre système d’éducation et de formation doit, donc, intégrer des démarches de prospective et d’innovation pour former nos jeunes d'aujourd'hui aux temps qui seront les leurs demain. C'est possible, deuxièmement, si nous valorisons l'apprentissage en lui faisant gagner le cœur et les esprits de nos jeunes concitoyens : l'apprentissage n'est pas uniquement la voie de garage pour ceux qui n'auront pas réussi leur passage en seconde ou qui sont en échec scolaire. Nous devons, en cela, engager une réforme de l'apprentissage. Celui-ci doit trouver naturellement sa place, une place plus importante et une considération accrue, dans l'ensemble des dispositifs de formation et d'insertion professionnelle proposés aux jeunes. La réforme de l'apprentissage doit s'inscrire dans cette démarche offensive et volontariste pour que tous les jeunes aient accès à l'emploi et que les emplois disponibles puissent être pourvus. C'est possible, enfin, si nous conjuguons, tous, nos efforts. Il convient de rappeler, à cet égard, que les problèmes de la jeunesse interpellent la société dans son ensemble. Ils exigent, de nous, une action coordonnée et concertée pour rassembler les moyens nécessaires et les rentabiliser, de sorte que le plus grand nombre de jeunes puissent en bénéficier. Dans ce sens et sur les directives qui lui ont été assignées par la feuille de route de 2005, l'Etat a rénové ses modes d'intervention publique en faveur de la jeunesse, à travers une dynamique par laquelle ses institutions ne se présentent plus en ordre dispersé dans les efforts importants fournis depuis une dizaine d’années pour faire face aux problèmes multiples de notre jeunesse. Chère jeunesse djiboutienne, Vous pouvez le voir, l’Etat a mobilisé toutes ses ressources et œuvre, inlassablement, à réunir les conditions qui vous permettraient de vous former et de vous doter des qualifications qui vous rendraient plus apte à réaliser votre avenir et concrétiser vos aspirations. Nous construisons, pour vous, une économie dynamique et intégrée, dans une société stable et apaisée. Aujourd'hui, c’est par votre courage, vos efforts et vos compétences que vous devez devenir la principale ressource du pays. Par votre volonté, vos idées et votre énergie, vous devez contribuer davantage à promouvoir l'esprit et la mentalité des ambitieux, des bâtisseurs et des entrepreneurs dont Djibouti a besoin pour conquérir sa place dans le monde. Djibouti a besoin d'une jeunesse qui s'implique et participe efficacement aux efforts généraux de la Nation en marche. Parce qu'elle est Audace, parce qu'elle est Espoir, notre jeunesse se doit de se situer à l'avant-garde pour nous élever encore plus haut, toujours plus fort. C'est là qu'est sa place. C'est là qu'est sa responsabilité. C'est là, que doit être son engagement. Je voudrais vous quitter en vous lisant ce qu'écrivait Emile Zola, un grand écrivain français du 19e siècle que vous connaissez bien pour l'avoir lu à l'école, dans une lettre adressée à la jeunesse et qui a valeur de testament : « Ô jeunesse, jeunesse ! Je t'en supplie, songe à la grande besogne qui t'attend. Tu es l'ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle prochain, qui, nous en avons la foi profonde, résoudra les problèmes de vérité et d'équité, posés par le siècle finissant. Nous, les vieux, les aînés, nous te laissons le formidable amas de notre enquête, beaucoup de contradictions et d'obscurités peut-être, mais à coup sûr l'effort le plus passionné que jamais siècle ait fait vers la lumière, les documents les plus honnêtes et les plus solides, les fondements mêmes de ce vaste édifice de la science que tu dois continuer à bâtir pour ton honneur et pour ton bonheur. » Mes chers compatriotes, Il ne me reste que deux choses à dire, deux choses auxquelles il nous faut croire parce qu'elles sont notre bien le plus précieux : Vive la Jeunesse Djiboutienne Vive la République de Djibouti Bonne fête de l'école Wa salam aleikom wa rahmatullah

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