Discours du chef de l’Etat à l’occasion de la cérémonie de clôture du premier exercice de la force d’intervention militaire de l’Afrique de l’Est

Par YHB | 04 décembre 2009
1,745 vues
Discours du chef de l’Etat à l’occasion de la cérémonie de clôture du premier exercice de la force d’intervention militaire de l’Afrique de l’Est

Source: ADI

Dans un discours qu’il a prononcé à l’occasion de la cérémonie de clôture du premier exercice de la force d’intervention militaire de l’Afrique de l’Est (Easbrig), le Président Ismail Omar Guelleh a mis l'accent en premier lieu sur l'importance de la mise sur pied de la force africaine en attente qui, a-t-il précisé, "intègre un dispositif africain de défense et de sécurité collective préconisé dans l’acte constitutif de l’Union africaine". Le chef de l’Etat, qui a considéré que ces manœuvres militaires "marquent une étape nouvelle vers la concrétisation du vieux rêve des pères fondateurs de l’OUA, a expliqué le rôle décisif de la brigade sous-régionale d'intervention rapide en vue du maintien et de la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique. Une initiative qui témoigne de notre "aptitude à travailler ensemble", a-t-il souligné avant de lancer à l’endroit des contingents multidisciplinaires des 10 pays de la région : "cet idéal de paix, de sécurité, c’est votre vocation de les incarner au mieux tout comme il est de la responsabilité des dirigeants des pays de l’Afrique de nous donner les moyens pour agir". Saluant les nombreuses actions et initiatives prises par l’Afrique au cours de ces dernières années, le numéro un djiboutien a en outre affirmé qu'"il est de notre intérêt, nous africains, de mettre sur pied nos propres capacités de défense et de disposer d’un appareil militaire robuste, puissant, honorable et suffisamment réactif pour se déployer là où il faut sur le continent et dans des délais courts pour ne pas laisser le chaos s’installer". Voici ci-dessous le discours intégral de M. Ismail Omar Guelleh, Président de la République et chef suprême des armées, à l'occasion de la clôture du "Field Training exercice 09" (FTX 09) : "Je tenais beaucoup à être présent, aujourd’hui, à vos cotés, pour proclamer solennellement la clôture de l’exercice militaire intitulé FTX 09, mis en place par l’EASBRIG, dans le cadre de la mise sur pied de la force Africaine en attente ; force qui, comme vous le savez, intègre un dispositif africain de défense et de sécurité collective préconisé dans l’acte constitutif de notre Union Africaine. Je tiens, avant de continuer, à féliciter tous ceux qui ont participé à cet exercice d’entraînement grandeur nature et contribué à son succès. Je voudrais saluer en particulier l’esprit de camaraderie, de coopération, la grande harmonie qui a prévalu, tout le long de ces cinq journées d’intenses efforts, dans les rangs des contingents multidisciplinaires des 10 pays de la région, réunis pour la première fois de leur histoire et de l’histoire de la région. Cette manœuvre dont Djibouti est fier pour avoir été le premier pays de l’Afrique de l’Est à l’accueillir, revêt, il faut le dire, beaucoup de dignifications et ce, à divers niveaux. Pour la région, elle consacre notre aptitude à travailler ensemble et réussir dans la réalisation de projet militaire d’envergure. Cela a été rendu possible, évidemment, grâce à la volonté politique qui fut tout temps présente, grâce au climat de confiance qui a primé entre nos pays et grâce à la vision commune de notre futur et de nos intérêts qui imposait, comme préalable incontournable à notre développement et à notre intégration, le renforcement de la paix et de la sécurité dans la région. Comme vous le savez, longtemps, il fut nié l’interdépendance des Etats et le lien entre leur sécurité, leur stabilité et leur développement. Longtemps, nous avons pensé que les conflits s’arrêtaient aux frontières de nos pays. Ce fut un tord. Un tord que nous n’avons pas tardé à relever au moment ou nous avons été confronté aux problèmes qui ont résulté de l’afflux massif des réfugiés et des personnes déplacées par les conflits. Et je prends pour cela, l’exemple de la somalie dont le déplacement des populations fuyant la guerre a affecté les pays limitrophes que sont Djibouti, l’Ethiopie, le kenya. Nous avons également pensé à tord qu’un conflit interne à un pays ne pouvait dégénérer en une guerre ouverte entre pays voisins. Et c’est ce qui s’est passé, notamment, dans la région des grands lacs. Ceci pour dire que l’instabilité d’un pays affecte la stabilité des pays voisins et a de sérieuses répercutions sur l’unité, la paix et le développement de la région, voire, du continent. C’est pourquoi, chers militaires et civiles, votre présence dans cette force régionale symbolise la volonté et la détermination de vos pays respectifs à promouvoir la paix qui rend tous progrès possible. Chacun d’entre vous doit être convaincu qu’il porte l’uniforme d’un grand pays qui souhaite simplement aux autres ce qu’il souhaite pour son peuple : la protection contre la violence et l’espoir d’une vie meilleure. De significations, l’événement qui nous rassemble aujourd’hui, en a pour le continent. En effet, il marque une étape nouvelle vers la concrétisation du vieux rêve des pères fondateurs du premier projet d’unité de l’Afrique : celui d’une Afrique de la défense, ce qui fut et à mesure qu’avancent les cinq brigades du continent dans leur processus « d’opérationnalisation » en vue de constituer, à l’horizon 2015, la future force africaine en attente. Car il en va notre intérêt, nous africains, à ce que nous puissions mettre sur pied nos propres capacités de réponses et disposer d’un appareil militaire robuste, puissant, honorable, et suffisamment réactif pour se déployer la ou il le faut sur le continent et dans des délais courts pour ne pas laisser le chaos s’installer. A cet égard, il convient de saluer les nombreuses actions et initiatives prises par l’Afrique en toute responsabilité, ces dernières années. Je pense, en particulier, aux missions remarquables de l’AMIS au Darfour et en Somalie. Il est heureux de le dire : l’action de nos forces africaines et son rôle stabilisateur dans la prise en charge des crises et des conflits sur notre continent sont maintenant reconnus et encouragés par la communauté internationale. A l’évidence, les résultats probants enregistrés dans ce domaine sont tout autant un signe manifeste de la pertinence des choix opérés, qu’une puissante incitation à la persévérance. De ce fait, il est nécessaire, pour nous d’œuvrer davantage au renforcement des mécanismes institutionnels de prévention et de gestion des conflits de l’Union Africaine et de ceux de toutes les institutions sous-régionales Africaines notamment en trouvant des solutions pérennes pour régler définitivement la question du financement de nos force. Nous savons tous que le manque de ressources financières adéquates pour satisfaire les besoins des opérations de maintien de la paix en Afrique demeure l’obstacle le plus tangible à notre projet commun de défense et de sécurité. Notre investissement dans ce projet doit être à la hauteur des ambitions que nous nous sommes fixés. Sécurité. Pour eux-mêmes et pour tout le monde. Cet idéal de paix, de sécurité, c’est votre vocation de les incarner au mieux tout comme il est de la responsabilité des dirigeants des pays de l’Afrique de nous donner les moyens pour agir. Pour finir, je tiens à saluer, une nouvelle fois votre engagement dans la force de l’Afrique de l’Est en attente. Nul doute que nous serez appelés à jouer un rôle plus que positif pour la région ; un rôle moteur pour l’Afrique. Je voudrais, par ailleurs, dédier mes pensées les plus tristes à un vaillant soldat qui manque aujourd’hui à l’appel : le comandant Kahangye Sebastien… dont la mort est survenue à une journée de l’ouverture de l’exercice. Je tiens à exprimer, en mon nom et en celui de la république de Djibouti, les condoléances les plus sincères à ses proches et à vous tous, ses frères d’arme du contingent Ougandais".

Tags

Partager cette histoire