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Yémen : arrivée du navire de l’ONU en charge du transfert du pétrole stocké dans un vieux supertanker délabré

Par AGI | 16 juillet 2023
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Yémen : arrivée du navire de l’ONU en charge du transfert du pétrole stocké dans un vieux supertanker délabré

Source: AFP

Un navire de l'ONU est arrivé ce dimanche dans les eaux yéménites pour permettre le transfert complexe du pétrole actuellement stocké dans un supertanker délabré après des années de guerre au Yémen, pour éviter une gigantesque marée noire en mer Rouge. A l'issue d'intenses tractations diplomatiques et la levée de dizaines de millions de dollars, le navire Nautica, acheté par l'ONU en mars, est parti samedi des côtes de Djibouti, sur l'autre rive de la mer Rouge, et devrait amarrer dimanche près du FSO Safer, un pétrolier vieux de 47 ans et contenant plus d'un million de baril. Mais la menace d'un désastre au large de Hodeida, ville portuaire de l'ouest, continue de planer avec les températures extrêmes et la présence de mines marines dans cette région qui a fait l'objet de batailles sanglantes.

Transfert du pétrole

"Le risque est très élevé", a insisté Mohammed Mudawi, représentant du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) sur ce dossier. "Mais nous espérons qu'une fois cette opération terminée, ce risque sera éliminé", a-t-il ajouté. Les travaux doivent durer environ trois semaines.

Des expertises ont permis de conclure que "le transfert du pétrole peut avoir lieu, avec un niveau de risque acceptable", a déclaré lors d'une réunion du Conseil de sécurité, cette semaine, le coordinateur humanitaire de l'ONU pour le Yémen, David Gressly. "Nous sommes assez confiants", a-t-il confirmé plus tard. "Nous pensons (...) que le transfert se fera."

Maintenance interrompue depuis 2015

Autour du Safer, des dauphins sautent hors de l'eau et des cormorans ont élu domicile sur le gouvernail du navire en ruine, dans cette zone abritant une faune et une flore qui pourraient être dévastées par une marée noire.

Le Safer est amarré depuis les années 1980 à une cinquantaine de kilomètres du port stratégique de Hodeida et à neuf kilomètres de la côte la plus proche. Sa maintenance a été interrompue en 2015 avec la guerre qui oppose le mouvement des Houthis, soutenu par l'Iran, et les forces du gouvernement appuyées par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite.

Le navire, qui menaçait d'exploser à tout moment, transporte quatre fois plus de pétrole que celui qui s'est déversé lors de la marée noire de l'Exxon Valdez en 1989 au large de l'Alaska, l'une des pires catastrophes écologiques au monde.

Températures extrêmes

En cas de marée noire, qui pourrait affecter l'Arabie saoudite, l'Erythrée, Djibouti et la Somalie, le coût du seul nettoyage a été estimé à 20 milliards de dollars (17,8 milliards d'euros) par l'ONU. Si l'état du navire permet l'opération prévue, celle-ci démarrera alors que les températures estivales culminent à environ 50°C dans la péninsule arabique.

"Il se met à faire très chaud, très vite", souligne Nick Quinn, un expert qui participe à l'opération.

Ces températures extrêmes augmentent les risques de "glisser, trébucher et de chuter" pour les travailleurs qui portent des équipements de protection lourds.

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