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Le Soudan «au bord d’une guerre civile totale» après la mort de dizaines de civils dans un raid

Par KM | 09 juillet 2023
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Le Soudan «au bord d’une guerre civile totale» après la mort de dizaines de civils dans un raid

Source: AFP

L’ONU a prévenu dimanche que le Soudan était «au bord d’une guerre civile totale potentiellement déstabilisatrice pour toute la région», au lendemain de la mort de dizaines de civils dans un raid de l’armée de l’air sur un quartier résidentiel de la capitale Khartoum. Sur une vidéo postée en ligne par le ministère de la Santé de l’Etat de Khartoum, des corps gisent au sol, certains ont des membres déchiquetés qui dépassent de draps jetés à la va-vite pour les couvrir. Plusieurs sont des femmes. Le bombardement, survenu samedi sur le quartier de Dar al-Salam à Omdourman, la banlieue nord-ouest de la capitale, a fait selon le ministère «22 morts et un grand nombre de blessés parmi les civils». De leur côté, les Forces de soutien rapide (FSR), paramilitaires en guerre contre l’armée depuis le 15 avril, ont dénoncé «la perte tragique de plus de 31 vies et de nombreux blessés». Toutes ces sources, comme plusieurs habitants contactés par l’AFP, affirment que le bombardement est venu des airs.

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Mais l’armée a assuré dans un communiqué dimanche que ses «forces aériennes n’avaient visé aucun objectif samedi à Omdourman». Selon des habitants, l’armée de l’air a de nouveau frappé dimanche le centre de Khartoum aux abords du palais présidentiel. Des combats à l’arme lourde opposaient aussi les deux camps dans plusieurs quartiers du sud de la capitale, selon des témoins sur place, et des frappes aériennes ont été signalées à Oumdourman.

Pendant ce temps, des civils ont commencé dimanche à creuser des tombes pour les victimes du raid aérien de la veille, selon d’autres témoins. En près de trois mois de guerre entre les FSR du général Mohamed Hamdane Daglo et les troupes du général Abdel Fattah al-Burhane, près de 3.000 morts ont été recensés, un bilan très sous-estimé, des corps jonchant encore les rues étant inaccessibles.

Aucun respect des droits humains

Près de trois millions de Soudanais ont été forcés de quitter leur maison, dont plus de 600.000 pour l’étranger, principalement l’Egypte au nord et le Tchad à l’ouest, tant les exactions venues des deux camps se multiplient.

Farhan Haq, un porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé «une absence totale de respect du droit humanitaire et des droits humains», notamment au Darfour, région martyre dans les années 2000 de nouveau au coeur de combats. Dans cette vaste région de l’ouest du Soudan, où des combattants tribaux et des civils armés ont rejoint les deux camps en guerre, les combats ont pris une «dimension ethnique», affirme l’ONU alors que des habitants rapportent des «exécutions» sur la base de l’origine ethnique.

Selon l’ONU, le Soudan est «au bord d’une guerre civile totale potentiellement déstabilisatrice pour toute la région», aux confins du Sahel, de la Corne de l’Afrique et du Moyen-Orient, des zones déjà en proie aux violences avant la guerre.

Partis du coeur de la capitale, les combats, les raids aériens et les pillages qui s’ensuivent ont gagné le Darfour et le Kordofan, au sud de Khartoum, et le Nil Bleu, frontalier de l’Ethiopie au sud. Dans la nuit, des habitants ont de nouveau rapporté à l’AFP des combats à El-Obeid, chef-lieu du Kordofan-Nord, puis une nouvelle fois dimanche après-midi.

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