« La Somalie dispose de tous les atouts pour reprendre rapidement sa place dans le concert des Nations », selon le mnistre djiboutien des A.E.

Par YHB | 08 novembre 2009
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« La Somalie dispose de tous les atouts pour reprendre rapidement sa place dans le concert des Nations », selon le mnistre djiboutien des A.E.

Source: ADI

Le ministre djiboutien des Affaires Etrangères, Mahmoud Ali Youssouf, a prononcé aujourd’hui un discours axé sur la paix en Somalie et les derniers développements de la situation dans ce pays, à l’ouverture, au Kempinski palace de Djibouti, du Forum des intellectuels de la grande Corne de l’Afrique et d’une table ronde sur les perspectives de paix en Somalie. Le ministre des A.E. a réitéré à cette occasion son appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte un appui franc et massif au gouvernement fédéral de transition somalien, assailli par ce qu’il a appelé « les ennemis de la paix, Shabab et Hizbulislam ». « Nous restons convaincus qu’une action multilatérale combinée avec les bons offices des pays voisins et amis de la Somalie, permettra d’envisager l’avenir de ce pays avec optimisme car c’est la conjugaison de tous ces efforts et la volonté des somaliens de changer le cours des évènements qui permettront de mettre un terme à la crise en Somalie », a-t-il dit. Nous reproduisons le discours de M. Mahmoud Ali Youssouf dans son intégralité. « Mesdames et Messieurs, La Somalie reste un cas unique en son genre dans le monde, celui d’un Etat défaillant « failed state », qui au bout de deux décennies de guerre civile a toutes les peines du monde à se reconstituer en tant qu’Etat de Droit régi par des lois et des règles à l’instar des autres pays du monde. Ce constat tragique est le fruit d’une désagrégation progressive des institutions de l’Etat suite à la défaite de la Somalie dans sa guerre avec l’Ethiopie en 1977. Cet effritement de l’Etat Somalien a ensuite été alimenté par une cascade d’erreurs politiques et de mauvaise gouvernance qui ont conduit le pays au fond des abysses. C’est bel et bien une accumulation de ces mauvais aiguillages que le pouvoir de Feu Siad Barré a opéré et dont la Somalie a du mal à s’en relever. Certes, depuis l’éviction de Siad Barré, il est difficile de comprendre la logique qui sous tend à la persistance de l’anarchie dans ce pays durant deux décennies. Il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix. Peut-on croire que le temps de la paix n’est pas encore venu et pourquoi tarde-t-il à venir en Somalie ? Sommes-nous dans un schéma identique à celui de la guerre qui a ravagé le sud soudan durant plusieurs décennies ? Ou est-ce que cela est du au fait que la communauté régionale et internationale n’a pas actionné à ce jour les bons leviers pour mettre un terme à cette anarchie qui prévaut en somalie ? Le monde s’est bien mobilisé pour l’Afghanistan, l’Irak ou la Bosnie Herzégovine. Pourquoi la Somalie est-elle devenue une « Terrae Incognita ». Est-ce par indifférence ou amnésie volontaire de la part des grands pays influents de ce monde sur les agendas politiques desquels la somalie ne figure pas parmi les priorités ? Mesdames et Messieurs, Permettez-moi de rappeler ici et de manière succincte les tenants et les aboutissants du processus de Djibouti pour la relance de la réconciliation nationale somalienne de juin 2008 à janvier 2009 sous l’égide des Nations Unies. Un homme s’est beaucoup investi dans ce processus, il s’agit bien entendu du président de la république de Djibouti, M. Ismaïl Omar Guelleh qui continue à accorder une attention soutenue à l’évolution de la situation en somalie. Par ailleurs, l’on ne peut occulter le rôle tout à fait remarquable joué par l’Ambassadeur Ahmedou Ould Abdallah, envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies. A ce titre, il mérite de notre part une reconnaissance spéciale. Mesdames et Messieurs Le Processus de Djibouti a permis la formation d’un gouvernement d’Union Nationale, l’élargissement du parlement et l’extension de la période de transition de deux ans sans oublier l’élection du président Charif à la tête du TFG. Que s’est-il passé depuis lors ? Les nouvelles institutions de transition de retour à Mogadiscio ont eu du mal à fonctionner et à accomplir la mission de pacification du pays qui leur a été dévolue. La restauration de l’autorité de l’Etat et la fourniture des services sociaux aux administrés tout en assurant la sécurité des biens et des personnes, voila des défis que le TFG n’arrive pas à relever à ce jour. Les raisons de cette défaillance sont multiples et reposent sur des facteurs aussi bien endogènes qu’exogènes. Mesdames et Messieurs Les facteurs endogènes commencent avec les suspicions et le manque de confiance entre les différents membres de l’équipe dirigeante ce qui implique un éclatement du pouvoir décisionnaire et donc une désorganisation interne palpable. A cela s’ajoute le manque de moyens dont souffre le TFG pour délivrer lesdits services, payer ses forces de sécurité et rapprocher les administrés des décideurs. Ensuite, il y a lieu de souligner les manquements auxquels l’AMISOM fait face, à savoir les nombres insuffisants de troupes ; la logistique qui ne suit pas et le mandat qui nécessite une révision urgente. En face, les ennemis de la paix, Shabab et Hizbulislam, s’appuient sur des combattants étrangers, reçoivent armes et moyens financiers des Erythréens pour empêcher le retour de la paix et de la stabilité en somalie, et tout cela au vu et au su de la communauté internationale. En effet, ils mènent des opérations de guérilla à l’encontre de l’AMISOM et des forces de sécurité somalienne, Kidnappent les humanitaires et tuent de sang froid leurs concitoyens somaliens pour raison de mécréance ou d’infidélité religieuse. Tel est le tableau très peu réjouissant que je puisse brosser sur la situation qui prévaut en Somalie à l’heure actuelle. La question qui brule les lèvres que l’on se doit de poser à cette étape de l’évolution de la crise, est bien entendu celle qui nous a amenés autour de cette table aujourd’hui ; y a-t-il une quelconque perspective de sortie de crise ? La réponse est oui mais pour cela il y a des préalables. Il nous semble extrêmement important pour le TFG de créer les conditions préliminaires pour atteindre cet objectif. Il est indispensable pour le TFG de gagner progressivement du terrain à Mogadiscio et sécuriser le terrain conquis par des mesures de sécurité draconiennes, check-point, désarmement, couvre-feu puis organisation des habitants des districts sous contrôle pour les associer à la prise en charge des décisions relatives à la gestion du district. Faut-il le rappeler, la République de Djibouti, la France, l’Ouganda, le Kenya et d’autres pays encore forment les forces de sécurité somaliennes et les équipent pour permettre au TFG de mener ces opérations de pacification. Il est autrement plus crucial que cette étape soit suivie rapidement par l’ouverture des bureaux du système des Nations Unies, PNUD, PAM, UNICEF et FAO, ainsi que les représentations des bailleurs bilatéraux et multilatéraux. Ces agences et institutions seront amenées à soutenir le gouvernement fédéral de transition dans ses efforts de mise en route des services sociaux, Police, Justice, Santé, Education, voierie, état-civil, pour ne citer que ceux là. Le rôle des organisations régionales et internationales demeure central dans ce long processus de reconstruction de l’Etat somalien. A titre d’exemple, sachez que se sont les Nations Unies qui ont initié et apporté beaucoup d’expertise en matière de négociation dans le processus de Djibouti. L’Union Africaine est présente sur le dossier somalien par la mission de l’AMISOM. L’IGAD a nommé un facilitateur dans cette crise et suit de prés les différentes étapes traversées par ce pays. De même que la Ligue Arabe qui dispose d’un envoyé spécial pour la Somalie. Nous restons convaincus qu’une action multilatérale combinée avec les bons offices des pays voisins et amis de la Somalie permettra d’envisager l’avenir de ce pays avec optimisme car c’est la conjugaison de tous ces efforts et la volonté des somaliens de changer le cours des évènements qui permettront de mettre un terme à la crise en Somalie. Quant aux ingérences extérieures néfastes, il est impératif de juguler et de fermer les brèches à travers lesquelles, les combattants étrangers, les armes et les moyens financiers sont infiltrés à l’intérieur de la Somalie. Pour cela, il faut pointer clairement du doigt les individus ou le pays coupable d’apporter ce soutien. En l’occurrence, ici l’Erythrée, certains membres de la diaspora somalienne, sans oublier le mouvement terroriste Al-Qaida. En définitive, il est communément admis que la Somalie est un pays stratégiquement situé à l’entrée du Golfe d’Aden et bénéficiant de ressources naturelles significatives. Le potentiel agricole, animalier et halieutique de ce pays est extraordinairement riche sans mentionner celui des matières premières déjà avéré. La Somalie dispose d’une diaspora dynamique et bien implanté dans les pays du Golfe ou encore en Europe, au Canada, aux Etats-Unis et en Australie. Des gens qui ont acquis moyens et savoir faire durant leurs années d’exil et qui sont prêts à faire bénéficier leur pays de leurs acquis. En réalité, la Somalie dispose de tous les atouts pour reprendre rapidement sa place dans le concert des Nations. Il lui suffit de se débarrasser du démon de la guerre une bonne fois pour toute ». FIN DE DISCOURS

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