04/03/2020
"Djibouti se singularise aussi par une volonté d’affirmation qu’illustre son activisme diplomatique", selon Sonia Le Gouriellec, auteure de "Djibouti : la diplomatie de géant d’un petit État"


Maîtresse de conférences à l’université de Lille où elle enseigne le droit de même qu’à Sciences-Po Paris, Sonia Le Gourielle vient de signer un essai au titre évocateur "Djibouti : la diplomatie de géant d’un petit État".

Dans cet ouvrage intéressant à plus d’un titre, l’auteure s’évertue à déconstruire ce qu’elle considère comme "une tradition de pensée classique en relations internationales" selon laquelle les petits États "n’ont pas de puissance et sont négligeables".

Pour Sonia Le Gouriellec, ces petits Etats sont pourtant "les plus nombreux et tendent à s’allier ce qui compense la vulnérabilité inhérente à leur petitesse".

Il en est ainsi de l’Etat djiboutien dont le comportement est riche d’enseignements et "rappelle celui de nombreux petits États (création d’alliances, promotion du multilatéralisme, posture de neutralité au moins dans les discours, etc.)."

Djibouti, selon elle, "se singularise aussi par une volonté d’affirmation qu’illustre son activisme diplomatique ainsi que la multiplication des garanties sécuritaires recherchées au niveau systémique par la présence de cinq bases militaires sur son territoire (France, Etats-Unis, Chine, Japon, Italie)."

A en croire Sonia Le Gourielle, son livre, "Djibouti : la diplomatie de géant d’un petit État", doit son titre aux résultats de "travaux menés en 2002 [qui] ont montré que le nombre moyen de représentations des petits États était de sept mais 60 % des petits États étudiés en ont moins."

"À l’époque, Djibouti était déjà au-dessus de la moyenne avec 11 représentations. En 2017, Djibouti comptait environ 45 représentations diplomatiques à l’étranger. C’est une caractéristique assez exceptionnelle pour un petit État", a-t-elle expliqué.

Et d’ajouter : " Le comportement de l’Etat djiboutien semble aussi trouver ses racines dans un environnement régional singulier, particulièrement conflictuel et menaçant, qui le pousse à s’adapter sans cesse."

Par-delà la "légende coloniale de la terre vide" chère à Loti, Romain Gary ou Paul Nizan, Djibouti est loin d’être dénué d’intérêt pour les chercheurs car il "regorge de passionnants objets d’études."

"Pour s’en convaincre, il convient de voir ce que Djibouti voudrait bien nous cacher", fait remarquer enfin l’auteure enfin "Djibouti : la diplomatie de géant d’un petit État".

IOH

Source :ADI