13/02/2020
"Où investir en Afrique en 2020 ?" : Djibouti progresse de 10 places


Djibouti a progressé de 10 places dans le nouveau rapport 2019 de la banque sud-africaine Rand Merchant Bank (RMB) intitulé "Où investir en Afrique" et devient ainsi une destination d'investissement idéale pour les investisseurs étrangers.

"Djibouti est le pays qui a connu la meilleure progression dans le classement depuis l’année dernière", selon les auteurs de ce rapport de 365 pages bien détaillé sur les différents facteurs influençant l’acte d’investir en Afrique.

Dans la présentation de son rapport, la RMB explique : "Nous ne manquons jamais d’être à la fois satisfaits et surpris par l’ampleur de l’amélioration dans des pays qui ne sont pas forcément perçus comme des destinations favorables aux investissements".

Elle épingle dans cette catégorie la Guinée, le Mozambique ou Djibouti qui ont enregistré les gains les plus importants, grâce à des avancées importantes dans certains aspects de leur environnement d’investissement.

Dans le sens inverse, le rapport pointe aussi les pays qui perdent de l’attractivité pour les investisseurs. Parmi les bons élèves, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie et la Tanzanie ont enregistré un recul.

Rappelons qu’en 2019, Djibouti a réussi à gagner une cinquantaine de places dans le classement "Doing Business" de la Banque mondiale, se hissant au 99ème rang sur 190. Ce progrès a pu être réalisé grâce à plusieurs réformes, dont celle d’un guichet unique de création d’entreprise, des améliorations dans les procédures de transfert de propriété et d’accès au crédit à travers un élargissement de la définition des collatéraux acceptés, ainsi que la création d’un tribunal spécialisé dans les disputes commerciales.

Le pays a par ailleurs rendu le transfert de propriété plus souple et plus transparent, en réduisant les frais d'enregistrement, en fixant des délais stricts pour l'enregistrement du contrat de vente auprès des autorités fiscales, en scannant la majorité des titres fonciers de Djibouti-Ville et en exigeant légalement que toute transaction immobilière soit enregistrée au cadastre afin de devenir opposable aux tiers.

En outre, Djibouti a renforcé l'accès au crédit en élargissant l'éventail des actifs pouvant être utilisés en garantie, en permettant l'utilisation d'actifs futurs en garantie, en permettant une description générale des dettes et obligations et en accordant aux créanciers garantis une priorité absolue en dehors de la faillite.

Le pays a également consolidé les mesures de protection des investisseurs minoritaires en exigeant une plus grande divulgation des transactions avec les parties intéressées, en renforçant les recours contre les administrateurs intéressés, en élargissant l'accès à l'information sur les sociétés avant le procès, en renforçant les droits des actionnaires et leur rôle dans les principales décisions des sociétés, en clarifiant les structures de propriété et de contrôle et en exigeant plus de transparence de la part des sociétés.

Il y a lieu de préciser enfin que Djibouti est engagé dans un plan stratégique national, "Vision 2035", qui vise à tripler le revenu annuel moyen par habitants et à créer 200 000 emplois au cours des quinze prochaines années, avec des ramifications dans toute l’économie.

C’est ainsi que le secteur des transports et des infrastructures, qui représente une part notable de la croissance du pays, s’est vu doter ces deux dernières années de nouveaux équipements spectaculaires : après le port polyvalent de Doraleh, inauguré en mai 2017 dans la capitale, Djibouti a mis en service le port de Ghoubet, dévolu au commerce du sel pour un investissement de 64 millions de dollars, et le port de Tadjourah, un investissement de 90 millions d’euros destiné à l’exportation de potasse.

NF

Source :ADI