L’été s’installe. Lentement mais sûrement. Dans les mabrazes où l’on ne finit pas de voyager au rythme du mirghan comme dans les bus faisant la navette le long de la route d’Arta, on suffoque ces jours-ci de chaleur, surtout à midi, à l’heure où l’astre solaire, au zénith, se manifeste le plus au-dessus de nos têtes.
Ses dards, "aussi tranchants que tesson de bouteille", sont on ne peut plus annihilants. Même quand on n’en est pas directement exposé, on n’en est pas moins à l’abri.
Des perles de sueur montent au visage. Les chemises sont aussitôt trempées. Allez faire un tour du côté de la place Harbi en fin de matinée si le cœur vous en dit, et vous saurez de quoi l’on parle !
A l’intérieur des habitations, dans les quartiers populaires, le ventilateur ne soulage plus autant contre le manque de fraîcheur. Ce qui ne signifie point qu’il ne tourne plus assez. Non.
Le problème, si problème il y a, est qu’il a désormais affaire à une situation délicate due à la métamorphose des saisons : l’air devenu sec et torride. Des conditions qui, il est vrai, invitent peu à la sieste. Le calvaire est davantage ressenti par tous ceux qui ne peuvent s’offrir le luxe de s’acheter un climatiseur.
Les premiers furoncles poussent sur les corps. Les langues se dessèchent plus rapidement. Quand on n’a pas de réfrigérateur, la vieille jarre enveloppée d’étoffe ou de sacs de sucre usés fait l’affaire.
Il suffit de garder constamment mouillée cette curieuse couverture tout autour de sa jarre, placée de préférence à une certaine hauteur dans le but de mieux l’exposer au courant d’air, pour y puiser de l’eau tiède. Les plus intentionnées des mères s’évertuent même à l’imprégner d’une odeur plutôt alléchante.
Pour ce faire, elles parfument de temps à autre l’intérieur du récipient. Une fumée d’encens qui pénètre la pièce faite d’argile, s’y conserve des jours durant et influe sur le contenu. Un vrai plaisir que celui de boire de cette eau-là, de respirer pleinement la douceur d’un parfum naturel tout en étanchant sa soif.
Soulignons enfin que, par le temps qui court, ce genre de bricolage appartient dorénavant à une époque révolue.
IOH
Source :ADI