09/10/2017
Pénurie de Bus à Djibouti : Le directeur de la société de transport en Commun de Djibouti s’explique…


Dans une déclaration faite à la presse hier, le directeur de la société de transport en commun de Djibouti (STCD), M. Saleh Bogoreh Bouh, s’est exprimé sur la problématique des transports en commun dans l’agglomération de Djibouti-Ville.

Selon M. Saleh Bogoreh Bouh, "la ville de Djibouti connait ces deux dernières décennies une expansion urbaine sous l'effet conjugué de la croissance démographique et économique".

Le directeur de la société de transport en commun de Djibouti a tenu à expliquer à la population les tenants et les aboutissants de cette situation qui touche tous les Djiboutiens.

L’ADI reproduit ci-après la déclaration de M. Saleh Bogoreh en son intégralité :

« La ville de Djibouti connait ces deux dernières décennies une expansion urbaine sous l'effet conjugué de la croissance démographique et économique. Tout comme les réseaux d’infrastructures, la demande de transport de voyageurs augmente plus vite que l’offre.

C’est exactement à la rentrée scolaire 2014-2015 que la pénurie de bus se fera le plus ressentir dans l’agglomération de Djibouti, notamment aux heures de pointes c'est-à-dire 6h-8h, 12h-14h, 19h-20h, et plus particulièrement pour les liaisons Djibouti Ville-Balbala. Face à cette situation, le président de la république décida de renforcer la flotte de notre société à deux reprises, une première fois en octobre 2014 par l’octroi à crédit de dix autobus de marque Tata par le biais du Fonds du développement Economique de Djibouti (FDED).

La 2ème en août 2016 par l’octroi de dix autobus de marque Golden Dragon par le biais du ministère du budget. Grâce à cette initiative noble du président de la république l’équilibre entre la demande et l’offre de transport public sera très vite rétabli. Le casse-tête des
heures de pointe prend donc fin.

Bien au contraire, les voyageurs à destination ou provenance de Balbala bénéficieront d’un service de transport en commun de luxe à bord des grands bus aux standards internationaux. Cependant, au 1ier janvier 2017, l’entrée en vigueur de nouveaux horaires du travail dans l’administration et les établissements publics, a diminué la demande de transport en commun de 40%.

La réorganisation des horaires de travail de l’administration publique a supprimé la pression des heures de pointe, au matin entre 6h30-7h30 et à midi entre 12h30-14h30. Ces périodes correspondaient au moment où la majorité des personnes actives, des écoliers, des collégiens, des lycéens et des étudiants se rendaient à leur lieu d’occupation et rentraient à leur domicile.

Avec ce changement, l’activité des autobus limitée aux heures de pointes dans le but de désengorger le transport urbain a connu une chute libre. C’est surtout vers la mi-mai 2017 que le casse-tête des heures de pointe refait surface après la fermeture du pont d’Ambouli pour des raisons de travaux de réhabilitation.

Cette situation crée un phénomène d’embouteillage aux heures de pointes et donc par conséquent une pénurie des bus. La navette du centre ville à Pk12 qui se faisait en 30 min en moyenne dans les conditions normales de circulation se fait actuellement en 1h00 avec les embouteillages.

Heureusement, c’était la fin de l’année scolaire 2016-2017 et la pression n’a pas été vraiment ressentie. La rentrée scolaire 2017-2018 débuta en septembre 2017, et voilà à nouveau que le problème de pénurie de bus refait surface. Autre problème majeur à prendre en compte, la couverture d’assurance des autobus.

Pour les 10 autobus acquis auprès du FDED, ce dernier devrait pendre en charge les frais d’assurance de la première année d’exploitation allant du 22 octobre 2014 au 21 octobre 2015. Le FDED a négocié un règlement en deux échéances. Il honore la première échéance mais vu la cherté des frais d’assurances, ce dernier tourne le dos à Pool Assurances. Selon le contrat qui nous liait au FDED, notre société devrait prendre le relais de la couverture d’assurance à partir du 22 octobre 2015. A partir de cette date, les frais de souscription d’assurance pour un autobus qui étaient de 388.594 FDJ/an sont multipliés par deux; sous prétexte d’une majoration due à des sinistres.

Chez Pool assurances, la responsabilité des accidents doit être de facto partagée entre les deux parties sur la base de « 50%, 50% » ou « 1/3,2/3 ». Pool assurance décide à sa convenance le partage de responsabilité des sinistres. Suite à cette arnaque, nous avons manifesté notre désagrément, et pool assurances en retour refuse d’assurer les autobus.

Dans une telle situation, notre conscience professionnelle ne nous a pas permis de faire circuler en ville des bus sans couverture d’assurances au tiers étant donné que le règlement en vigueur en matière de transport public ne l’autorise pas.

Pour conclure, le Directeur des transports terrestres nous a garanti lors d’une réunion que nous avons tenue le 04/10/2017, une médiation avec Pool Assurance en collaboration avec la direction de l’Economie en charge du contrôle des assurances, d’ici la semaine prochaine.

Nous demandons donc à nos concitoyens de faire preuve de patience car cette situation sera résolue dans les jours à venir".

HM

Source :ADI