Djibouti-ville est un chantier en cours de réalisation. Cette ville gagnée contre la mer, le gypse et le sel demeure être une cité en constante recomposition.
Et le logement social (ou autre) a été et reste une constante et un impératif dans les politiques d’urbanisation des différents pouvoirs qui s’y sont succédés depuis sa création.
Les cités Lehr, Arhiba et Einguella remontent à la période coloniale. Elles répondaient à la nécessité d’octroyer des logements sociaux (en location-vente) aux classes moyennes et basses.
Evidemment, ces cités en dur ne pouvaient absorber à elles seules la population de ce Djibouti en gestation. D’où l’apparition des quartiers populaires, construits en bois et tôle ondulée. Des quartiers populeux irrigués à grande pompe par l’exode rurale et l’immigration.
Rappelons qu’avant les maisons en bois et tôles, ce sont les demeures en « carrishe » qui étaient en vogue. D’où le nom de la commune de Boulaos…
Durant la période après l’indépendance, Djibouti a poursuivi son expansion. Expansion au Nord avec notamment le lotissement de la zone résidentielle du Héron.
En effet, une nouvelle cité destinée aux grands cadres de l’administration publique est lotie sur des terrains grignotés à la mer. Expansion au Sud avec l’émergence des cités haut standing telles les cités Gabode et Cheik Moussa à Balbala.
Evidemment, l’exode rural se poursuivant ainsi que la croissance démographique naturelle s’y ajoutant, les quartiers populaires se multiplient à Balbala notamment.
Cet habitat précaire acquis avec des titres fonciers provisoires sédentarisent plus ou moins bien une importante population. Voilà grosso -modo le paysage urbain durant l’ère Gouled.
La même logique d’un habitat adapté aux bourses des différentes classes sociales prévaut à l’heure d’IOG. Avec notamment l’éruption au Sud-Est de Djibouti du quartier de Haramous.
Un espace résidentiel avec des villas cossus et des immeubles ultrachics ainsi qu’un réseau routier moderne. Il y a aussi dans le prolongement du vieux Balbala les cités Hodan (un et deux) qui captent des acquéreurs-locataires en provenance de la classe intermédiaire.
Quand ce n’est pas la Diaspora djiboutienne qui s’achète cash un pied-à-terre dans la capitale natale. On pourrait aussi évoquer des cités comme Barwaqo et Wadagir. Ainsi va le bâtiment et tout va au mieux… pour le reste. Le reste, c’est Balbala et ses pourtours immédiats.
A savoir, P.K. 12 et 13. Des zones où l’habitat précaire coexiste avec des cités en dur. Aujourd’hui, le développement de l’habitat est tel qu’on passe du centre-ville aux quartiers populaires sans transition.
Idem des quartiers populaires du vieux djibouti à la Banlieue. De même que Balbala semble vouloir faire la jonction avec P.K.12. Ainsi, de maison en maison, dans ce développement plus ou moins anarchique, on passera sans s’en apercevoir de la ville à la brousse.
En effet, Djibouti-ville dans sa croissance exponentielle a « mangé » toutes les petites localités qui l’entouraient jadis (Nagad, Douda, Doraleh…etc).
C’est dans cette tendance qu’intervient l’initiative présidentielle ; à savoir la création de la Fondation IOG Logement. L’objectif ultime de cette Fondation – qui a déjà permis le relogement des sinistrés du 18 juillet de Balbala – est de procurer aux couches défavorisées des logements décents.
Et cela en remplacement de l’habitat précaire ou en contrepartie des maisons louées à des tarifs prohibitifs.
Mais le besoin en logement est tel que l’initiative présidentielle n’endiguera pas le surgissement des quartiers comme Buldoukho… Pour des petits-fils de nomades, ce rapport avec la terre est plus que surprenant !
AMF
Source :ADI