Dans le cadre de la célébration à Djibouti de la journée internationale des Droits de l’Homme, le chef de l’Etat, M. Ismaïl Omar Guelleh, a prononcé aujourd’hui une importante allocution dans laquelle il a mis en exergue non seulement les avancées enregistrées, mais aussi les attentes des Djiboutiens sur la question des Droits de l’Homme.
L’ADI reproduit in extenso le discours du président de la République à l’occasion de la cérémonie commémorative de la journée internationale des Droits de l’Homme organisée ce samedi à l’université de Djibouti.
"Louange à Dieu que la paix et la bénédiction soient sur le Prophète, sa Famille et ses Compagnons,
Mesdames et Messieurs
La commémoration de la journée mondiale des droits de l’Homme est une bonne occasion pour tous les acteurs concernés de faire l’inventaire sur la situation des droits humains. Une bonne occasion aussi pour réfléchir ensemble et faire avancer cette grande Cause nationale.
Pour toutes ces raisons, cette journée, au-delà de son aspect symbolique, a sa pertinence et sa raison d’être.
Pour les Nations du Monde entier, l’Universalité des droits de l’Homme trouve avant tout son ancrage dans le particularisme des cultures, des traditions et des organisations sociales et politiques.
Les Djiboutiens et les Djiboutiennes trouvent dans leurs cultures, dans leur religion et dans la Constitution de leur pays, les raisons objectives qui leur font devoir d’ériger les droits de l’Homme en valeurs suprêmes.
Cependant, Mesdames et Messieurs,
Vous le savez tout autant que moi, le respect et la protection des droits de l’Homme ne se décrètent pas et ne se réalisent pas dans une simple adhésion théorique. Cela nécessite de l’effort, de la vigilance, de la persévérance. Cela exige des moyens, de la volonté, de la détermination.
Il s’agit d’une conquête permanente pour venir à bout des pesanteurs, des abus et des conservatismes.
La République de Djibouti est fière de faire avancer ce combat pour la dignité humaine, pour que les hommes et les femmes qui composent notre Nation jouissent pleinement de leurs droits dans l’égalité, la liberté et la paix.
Toutes les actions politiques que nous avons menées jusqu’ici ont pour point de convergence l’amélioration des conditions d’existence de nos concitoyens. Et bien qu’il nous ait fallu composer parfois avec une conjoncture économique incertaine et des réformes difficiles à mettre en place, nous n’avons jamais dévié de notre trajectoire ni de notre objectif.
Aujourd’hui, tout en me gardant de verser dans l’autosatisfaction, il ne me semble pas illégitime de mettre en relief les progrès accomplis et les avancées réalisées dans ce domaine.
Le Ministre de la justice et le Président de la commission Nationale des Droits de l’Homme qui m’ont précédé ont passé en revue les grandes réalisations: je ne voudrais pas les rappeler mais m’arrêter un instant sur ce qui me semble donner une cohérence à nos acquis et à notre quête.
Pour nous, en effet, les droits de l’Homme demeurerait un concept abstrait si on ne les déclinait pas dans le droit à l’éducation, le droit à la santé ou encore le droit au logement c'est-à -dire le droit à tout ce qui garantit à nos concitoyens une existence digne.
C’est tout cela qu’il nous faut garder à l’esprit. Tout cela qui doit s’agréger pour former une vision d’ensemble. Une vision d’ensemble qui donne toute sa pertinence et son efficacité aux investissements du gouvernement dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du logement et de façon plus globale dans le développement social.
Comme j’ai pu le dire, il y a lieu de nous montrer modeste car nous restons conscients de nos insuffisances et de ce qui nous reste à réaliser.
Dans ce contexte, il nous faut rester lucide mais exigeant et surtout, nous garder de privilégier une approche purement statistique qui verse dans l’idéologie du globalement positif.
Cela ne serait pas convenable. Cela ne serait pas convenable vis-Ã -vis de telle ou telle femme victime de violences, conjugales ou autres.
Cela ne serait pas convenable vis-à -vis de telle ou telle personne, discriminée à l’embauche pour son handicap. Cela ne serait pas convenable également vis-à -vis de tel ou tel citoyen, lesté de ses droits par des actes d’abus ou de corruption.
Plus nous ouvrirons les yeux sur telle pratique ou tel comportement, plus notre société ira de l’avant.
Mesdames et Messieurs,
Cette leçon de lucidité et de vigilance, l’Etat n’en a pas le monopole. Osons le dire ensemble, l’Etat n’est pas le Tout, l’Etat ne peut pas tout. Ce n’est pas un aveu de faiblesse que j’exprime ici mais un aveu de sincérité et d’objectivité.
Bien sûr l’Etat de par ses fonctions régaliennes veillera à promouvoir l’éducation, la santé ou encore la justice. Bien entendu l’Etat dans le cadre de ses réformes démocratiques continuera à persévérer sur le chemin de la bonne gouvernance.
Néanmoins, la promotion des droits de l’Homme ne peut se faire pleinement et efficacement que si d’autres partenaires, d’autres compétences et d’autres acteurs viennent consolider l’action de l’Etat.
C’est la raison pour laquelle j’exhorte la Commission nationale des droits de l’Homme à intensifier ses compagnes de sensibilisation et d’information, à aller de l’avant et à ne pas hésiter à bousculer les pesanteurs et les conservatismes.
C’est pour cela que j’exhorte notre société civile dans son ensemble à prendre leur place à part entière dans la défense et la protection des droits de nos concitoyens.
Plus les ONG et les syndicats seront réactifs et entreprenants, plus notre société se protégera et protégera ses citoyens contre toutes formes de dérives et d’abus. J’exhorte également les médias et les journalistes à contribuer à cette aventure commune.
Mesdames et Messieurs,
Comme vous le savez, le respect et la protection des droits fondamentaux ont pour socle la liberté d’opinion et la liberté d’expression, garanties par notre Constitution. Notre République est garante du respect et de l’épanouissement de ces libertés.
Cependant, nous n’accepterons pas que telle ou telle association, qui n’a d’existence que virtuelle, se fasse le chantre de ces droits fondamentaux.
La défense des droits de l’Homme est une affaire trop sérieuse qui ne saurait être réduite à la simple publication de feuillets relatant des prétendues violations dans notre République.
Je dis qu’il faut nous garder de donner une existence purement virtuelle à la protection des droits de nos concitoyens.
Et je dis qu’il appartient à chaque citoyen djiboutien de veiller à ce que les Droits se concrétisent à travers l’amélioration du quotidien de chacun et du développement pour tous."
I.O.H.
Source :ADI