Le président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, a présidé ce samedi à une importante cérémonie dédiée à la journée des Droits de l’Homme et organisée à l’Université de Djibouti.
Ont assisté à cette cérémonie de nombreuses personnalités dont des membres du gouvernement et de l’Assemblée nationale, des représentants du corps diplomatique et des organisations internationales à Djibouti.
Rappelons que la journée internationale des Droits de l’Homme coïncide cette année avec le soixante-troisième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, le ministre de la Justice, chargé des Droits de l’Homme, M. Ali Farah Assoweh a réaffirmé d’emblée "l’attachement indéfectible de la République de Djibouti à cette journée chargée de symbole d’une noble mission de la promotion et de la protection des Droits de l’Homme."
Selon le ministre, la présence à la cérémonie du chef de l’Etat traduit cet attachement au respect des Droits de l’Homme.
C’est en ce sens que "nous avons placé la cérémonie de la célébration de cette journée mémorable au cœur du savoir, dans l’enceinte de l’université de Djibouti et parmi les hommes et les femmes d’avenir, viviers, porteurs de connaissances et d’espoir", a déclaré en substance M. Ali Farah Assoweh.
"Notre loi fondamentale, a-t-il ajouté, proclame solennellement son attachement aux principes définis par celle-ci dont les dispositions font partie intégrante de notre constitution qui garantit : le plein épanouissement des libertés et des droits individuels et collectifs ainsi que le développement harmonieux de la communauté nationale."
Le ministre de la Justice a par ailleurs tenu à mettre l’accent sur les efforts inlassables engagés par son département qui a fait de la promotion des Droits de l’Homme l’une de ses priorités.
Entre autres réalisations importantes dans ce domaine, M. Ali Farah Assoweh a cité en exemple "la création et la mise en place de la commission nationale des Droits de l’Homme qui est chargée d’émettre des avis constructifs qui auront un impact positif sur la promotion de ces doits et pour faire face aux grands défis en vue de définir les meilleurs moyens de permettre aux hommes et aux femmes de notre pays de jouir pleinement de tous les droits prévus par notre texte constitutionnel et nos lois".
Le président de la commission nationale des Droits de l’Homme, M. Ali Mohamed Abdou a insisté sur la nette amélioration "que reflètent les réalisations et les efforts concrets accomplis en matière des droits de l’Homme."
"Les résultats obtenus en ce sens ont bénéficié de la reconnaissance des organisations nationales et internationales qui ont toutes félicité Djibouti pour le progrès accompli et les rapports que notre pays a établis sous la supervision du Comité ministériel pour la rédaction des rapports en étroite collaboration avec la commission nationale des Droits de l’Homme en résorbant quasiment le retard observé en la matière par le passé, le tout en application de nos engagements internationaux et pour notre ferme volonté de poursuivre cet effort dans tous les domaines touchant aux droits de l’homme", a-t-il indiqué M. Ali Mohamed Abdou.
Le président de la commission nationale des Droits de l’Homme a estimé toutefois que "les importants acquis de notre pays dans ce domaine doivent être renforcés et consolidés à travers la diffusion de la culture des droits de l’homme dans le corps social, afin que tous nos concitoyens soient imprégnés des valeurs démocratiques et des principes de droits de l’homme, dans leur vie publique et privée."
M. Ali Mohamed Abdou a préconisé pour ce faire "la formation d’un citoyen capable d’intégrer ces valeurs, principes et notions dans son comportement quotidien, un citoyen qui soit conscient de ses droits, respectueux des droits d’autrui et gardien de l’intérêt général."
Prenant à son tour la parole, Mme Hodan A.Haji Mohamoud, coordinatrice résident du système des Nations Unies à Djibouti, a tenu à exprimer sa "satisfaction" qui, a-t-elle dit, "dérive de la consonance du thème de la célébration de cette année ("Fêtons les droits de l’homme") et le contexte de progrès important et croissant dans la mise en place d’un système et d’un cadre juridique de protection des droits de l’homme à Djibouti."
"Je note, a-t-elle affirmé, avec plaisir les nombreux aspects positifs listés dans le rapport de la quarantième session du comité contre la torture, tels les instruments internationaux ratifiés par Djibouti.
En d’autres termes, "Djibouti a effet réalisé des avancées importantes ces dernières années" selon Mme Hodan A.Haji Mohamoud qui a souligné par ailleurs qu’"il reste du chemin à parcourir pour être en pleine conformité avec toutes les conventions signées."
Le président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, qui s’est exprimé lui aussi à cette occasion, a rappelé dans son discours que "les Djiboutiens et les Djiboutiennes trouvent dans leurs cultures, dans leur religion et dans la Constitution de leur pays, les raisons objectives qui leur font devoir d’ériger les droits de l’Homme en valeurs suprêmes."
C’est sans doute pourquoi "la République de Djibouti est fière de faire avancer ce combat pour la dignité humaine, pour que les hommes et les femmes qui composent notre Nation jouissent pleinement de leurs droits dans l’égalité, la liberté et la paix."
"Aujourd’hui, tout en me gardant de verser dans l’autosatisfaction, il ne me semble pas illégitime de mettre en relief les progrès accomplis et les avancées réalisées dans ce domaine", a déclaré le chef de l’Etat.
Et d’ajouter : "le ministre de la Justice et le président de la commission nationale des Droits de l’Homme qui m’ont précédé ont passé en revue les grandes réalisations: je ne voudrais pas les rappeler mais m’arrêter un instant sur ce qui me semble donner une cohérence à nos acquis et à notre quête."
Selon le président Ismaïl Omar Guelleh, il est indéniable que la question des droits de l’Homme se limiterait à l’état de concept "si on ne les déclinait pas dans le droit à l’éducation, le droit à la santé ou encore le droit au logement, c'est-à -dire le droit à tout ce qui garantit à nos concitoyens une existence digne."
"C’est tout cela qu’il nous faut garder à l’esprit. Tout cela qui doit s’agréger pour former une vision d’ensemble. Une vision d’ensemble qui donne toute sa pertinence et son efficacité aux investissements du gouvernement dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du logement et de façon plus globale dans le développement social", a-t-il insisté.
Sur cette même lancée, le chef de l’Etat a exhorté "la Commission nationale des droits de l’Homme à intensifier ses compagnes de sensibilisation et d’information, à aller de l’avant et à ne pas hésiter à bousculer les pesanteurs et les conservatismes".
Le président Guelleh a également appelé la société civile dans son ensemble à prendre toute sa place "dans la défense et la protection des droits de nos concitoyens."
"Plus les ONG et les syndicats seront réactifs et entreprenants, plus notre société se protégera et protégera ses citoyens contre toutes formes de dérives et d’abus", a-t-il indiqué, avant d’inviter "les médias et les journalistes à contribuer [à leur tour] à cette aventure commune."
"Il appartient à chaque citoyen djiboutien de veiller à ce que les Droits se concrétisent à travers l’amélioration du quotidien de chacun et du développement pour tous", a dit enfin le chef de l’Etat.
I.O.H.
Source :ADI