21/10/2010
Affaire Borrel : « Sans le courage du Président Ismaïl Omar Guelleh, nous n’aurions jamais pu arriver à bout de la calomnie », déclare le Procureur Général de Djibouti


« La légende du juge Borrel », film de Francis Gillery retraçant la genèse du scandale médiatico judiciaire né de la découverte du corps en partie calciné du magistrat français Bernard Borrel dans un ravin au Ghoubet un jour d’octobre 1995, sera diffusé ce soir à la télévision nationale.

Le film, qui dure un peu plus d’une heure et demie, restitue en effet la vérité sur ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Borrel en levant le voile sur tous les mensonges, doutes, dérapages et autres campagnes de dénigrement entretenus depuis de longues années par certains médias français en panne de sensationnel.

Dans un entretien accordé à la presse, le Procureur Général de Djibouti, M. Djama Souleiman, a indiqué que « sur le plan judiciaire, ce documentaire n’apporte pas vraiment des grandes nouveautés pour nous. »

Il a toutefois affirmé que l’importance du travail du réalisateur Francis Gillery réside plutôt dans sa portée médiatique car « il démontre très clairement qu’avant d’être une affaire judiciaire, l’affaire Borrel a toujours été une affaire médiatique, [étant donné que] ce sont des journalistes français, pas des plus éminents d’ailleurs, qui ont inventé une histoire d’assassinat qui leur paraissait « vendable » et qui ont servi Mme Borrel qui avait besoin de croire cette explication qui lui permettait aux yeux de ses proches de se dédouaner dans la mort de son mari. »

Et le Procureur Général d’ajouter : « l’assassinat dans un pays africain d’un magistrat français en coopération était aussi plus glorieux pour la magistrature française que le suicide ! La thèse de l’assassinat était également plus valeureuse pour la veuve, elle-même magistrate, plutôt que le suicide. C’est pour cette raison que Mme Borrel qui savait la vérité sur la mort de son mari a préféré croire cette journaliste qui la met en contact avec le malheureux maître Morice et ensemble ils vont pendant 15 ans tenter d’imposer par les médias une théorie du complot que le bon sens et les éléments matériels du dossier d’instruction ont toujours contredit. »

C’est pourquoi, selon lui, l’on peut dire que « La légende du juge Borrel » permet de démontrer la façon dont une machination médiatique a complètement vampirisé la justice. »

En ce sens, le film de Francis Gillery peut être considéré « un témoignage indirect du long combat que les autorités djiboutiennes ont livré pour démontrer leur innocence et rejeter la calomnie… », a expliqué M. Djama Souleiman, qui n’ a pas manqué de rappeler que « la France a été condamnée par la Cour Internationale de Justice de La Haye qui a par ailleurs rendu hommage au travail des autorités djiboutiennes et notamment de la justice djiboutienne. »


« Sans le courage du Président Ismaïl Omar Guelleh, nous n’aurions jamais pu arriver à bout de la calomnie », a déclaré en substance le Procureur Général de Djibouti.

Revenant sur la question de crimes de pédophilie commis sur des enfants de la rue à Djibouti mise en exergue dans le travail du réalisateur, M. Djama Souleiman a affirmé qu’« en réalité, dès l’annonce de la découverte du corps de Borrel, un véritable vent de panique a saisi les autorités françaises de Djibouti. »

« Cela était très étrange mais les autorités djiboutiennes de l’époque, et surtout les magistrats djiboutiens dont il faut vraiment saluer le professionnalisme, bien que surpris, ne pouvaient pas imaginer qu’un scandale pédophile menaçait les représentants de la France à Djibouti », a souligné le Procureur Général, rappelant que « les jours qui ont suivi la mort de Borrel, les rumeurs dans la communauté française de Djibouti, où on se murmurait des choses inavouables, traduisaient un sentiment de malaise, de honte. »

« Il y avait, a-t-il insisté, un parfum de scandale,[d’autant plus]que les autorités françaises ont tout fait depuis le début pour que la partie djiboutienne soit écartée de l’enquête. »

Selon M. Djama Souleiman, « lorsque les premiers éléments matériels de l’affaire ont été dévoilés par des magistrats français sur ces affaires de pédophilies, la justice djiboutienne a ordonné des enquêtes, des investigations ont été menées. »

« Malheureusement, la plupart des Français impliqués dans ces crimes dans les années 90 à 95 ont été pour la plupart rapatriés vers la France. La justice djiboutienne a quand même pu mettre la main sur un certain nombre de personnes. Il y a eu des condamnations pénales prononcées dont celle contre un prêtre italien qui a été expulsé après avoir purgé sa peine à Djibouti. », a-t-il affirmé.

A cela s’ajoute, selon les dires du Procureur Général de Djibouti, « un autre dossier qui est toujours en instruction devant la justice Djiboutienne et qui concerne des ressortissants français, notamment des prêtres, des enseignants, des militaires, des diplomates qui avaient commis des actes de pédophilies et qui font l’objet de mandats d’arrêts internationaux. »

« Jusqu’à aujourd’hui, nous attendons que la justice française exécute ces mandats ou instruise sur ces crimes particulièrement graves commis au préjudice des pauvres enfants réfugiés », a conclu M. Djama Souleiman.

Isman O.

Source :ADI