La cour d'appel de Versailles vient de se rétracter un peu plus d’une année après la condamnation en première instance de M. Djama Souleiman Ali, procureur général de Djibouti, et M. Hassan Saïd Khaireh, chef de la sécurité nationale.
Outre l’annulation pure et simple, jeudi dernier, de ce procès qui s'était soldé par des peines respectives de 18 et 12 mois de prison ferme, la cour d’appel de Versailles a également rendu caduc les mandats d'arrêt internationaux lancés en 2006 à l'encontre de ces mêmes hauts responsables djiboutiens.
Ces derniers, rappelons-le, étaient poursuivis pour une prétendue "subornation de témoins" en marge du dossier de l’affaire Borrel, du nom de ce magistrat français dont la mort en 1995, à Djibouti, demeure une énigme jusqu’à ce jour.
En effet, la controverse autour de la disparition du juge Bernard Borrel n'a cessé d'enfler au fil des ans à tel point que "les autorités politiques, diplomatiques et judiciaires françaises ont tantôt soutenu et défendu la thèse du suicide et tantôt celle de l’assassinat".
"Même si la justice française vient de remédier à l’erreur de jugement qu’elle a commise en première instance", souligne un communiqué publié hier par le service de la presse présidentielle, "il importe toutefois de rappeler l’extrême légèreté dont celle-ci avait fait preuve en corroborant les allégations de deux déserteurs de l’armée djiboutienne".
"Ces deux personnages, désavoués aujourd’hui, sont les mêmes qui avaient inventé de toutes pièces le récit rocambolesque incriminant la République de Djibouti dans l’affaire Borrel", ajoute le communiqué.
"De la même façon que la justice française qui vient de blanchir MM. Djama Souleiman Ali et Hassan Saïd Khaireh, il y a donc lieu d’espérer que l’épineuse affaire Borrel soit traitée de manière approfondie et avec prudence afin de progresser sur des bases solides dans nos relations bilatérales", estime la même source.
NF
Source :ADI