01/03/2009 - Ouverture de la 1ère Session Ordinaire 2009 de l’Assemblée nationale La 1ère Session Ordinaire de la 6ème Législature de l’Assemblée nationale pour l’année 2009, s’est ouverte ce dimanche au Palais du peuple, en présence du Premier ministre, Dileita Mohamed, de l’ancien Premier ministre, Barkat Gourad Hamadou, du Président du parlement, Idriss Arnaoud, et de l’ensembles des députés.
Dans son discours d’ouverture, le Président Idriss Arnaoud Ali a rappelé le rôle central du travail des parlementaires en commissions spécialisées.
« J’aimerai, a-t-il dit, encore une fois souligner l’importance que revêt le travail en commission. Souvent nous avons tendance à l’oublier mais, ces commissions spécialisées sont le poumon du parlement. Sans elles, il n’existerait pas de véritable démocratie parlementaire. Sans elles il serait difficile de faire un véritable contrôle de l’action gouvernementale. Les différentes questions qui y sont abordées portent sur des enjeux qui sont majeurs pour notre pays ; c’est le lieu par excellence de l’échange et du débat parlementaire. C’est la raison pour laquelle, je vous encourage à enrichir les échanges, à être minutieux dans l’examen des textes de loi qui vous sont soumis ».
Mettant en exergue le déficit criant de visibilité dont souffrent les travaux parlementaires, le Président du parlement a préconisé aux élus nationaux de s’ouvrir davantage à la société civile, mais également aux médias.
S’exprimant sur le plan régional, M. Arnaoud a tenu à saluer le succès de notre diplomatie en règle générale, et tout particulièrement pour sa contribution remarquée au rétablissement des institutions politiques et de la paix en Somalie. Il a rappelé les efforts continus de notre gouvernement afin de permettre à la conclusion de l’accord de Djibouti qui a été signé par toutes les parties.
« Il est indispensable, a t-il ajouté, que les efforts de la communauté internationale redoublent afin d’appuyer et d’accompagner au mieux le nouveau Gouvernement Somalien dans cette phase cruciale de la reconstruction des institutions, des infrastructures et des organes sociaux et économiques d’un pays où tout est à remettre sur pied. La communauté internationale ne peut rester indifférente à cet espoir qui renaît ».
Sur le conflit frontalier qui oppose Djibouti à l’Erythrée et qui perdure, il a rappelé les efforts constants de la République de Djibouti dans la recherche d’une solution pacifique avec notre voisin, alors que ce pays s’entête dans sa politique d’autruche et continue à nier jusqu’à l’existence même du différent.
« Le principe de bon voisinage, le respect de l’intégrité territorial, et de l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme, sont bafoués de manière impudente par cet Etat…Mais, face à cette situation la République de Djibouti ne restera pas indéfiniment les bras croisés; elle prendra toutes les dispositions qui s’imposent pour recouvrer ses droits et sa souveraineté sur Ras Doumeira et l’île de Doumeira par tous les moyens appropriés », a t-il clôturé.
Le Premier Ministre, Dileita Mohamed Dileita, a ensuite pris la parole pour présenter en un peu moins d’une heure un programme aussi structuré qu'ambitieux, promettant non seulement de lutter contre la pauvreté, mais également d’accompagner la croissance à travers des actions d’importance sur le plan de la réforme structurelle aussi bien économique que sociale.
Le PM a rappelé dans son intervention les différents succès du gouvernement ces dix dernières années : « Djibouti, a t-il dit, est passé du statut de petite ville portuaire au bord de la mer rouge à celui d’une métropole économique régionale ».
M. Dileita Mohamed a cité parmi les succès réels de la politique gouvernementale, l’inauguration d’un terminal pétrolier, d’un nouveau port à conteneurs en eau profonde à Doraleh, et la construction d’un hôtel de luxe et son extension : le Kempinski.
Il a rappelé que ces réalisations ont été financées grâce à la participation d’investissements très importants de capitaux étrangers, qui ont permis la création de nombreux emplois. A ce propos il est à noter que les Investissement Directs Etrangers vers Djibouti, en constante augmentation depuis 2002, ont représenté 44% de notre PIB en 2007.
Sur la nouvelle stratégie de Développement qui a été mise en place par le gouvernement à travers l’INDS, le PM a expliqué qu’elle ne visait qu’un objectif : « combattre la marginalisation des populations les plus fragiles ».
A ce propos, il a rappelé les différents outils mis en place par le gouvernement depuis deux ans afin de soutenir les populations les plus défavorisées : « l’Agence Djiboutienne pour le Développement Social, le Programme de Développement de Micro crédit et de Micro Finance, le Fonds de Développement Economique de Djibouti, et l’Agence Nationale pour l’Emploi et la formation Professionnelle, lesquels sont des structures institutionnelles chargées de la mise en œuvre du Programme Social.
Le Premier ministre a réaffirmé par ailleurs que la lutte contre la crise alimentaire et l’alimentation en eau potable des populations, resteront en 2009 les premiers soucis du gouvernement.
« Des mesures d’urgence ont été prises, a-t-il dit, pour atténuer les effets de la sécheresse en milieu nomade ».
Il a énuméré dans son intervention les 55 puits traditionnels qui ont été réhabilités dans le cadre de ce programme, ainsi que l’acquisition de terres arables aussi bien au Soudan qu’en Ethiopie, tout en informant l’assistance, que notre pays allait réceptionner prochainement la deuxième récolte de Sorgho et de Sésame.
M. Dileita a également mis l’accent sur les différents projets de développement de périmètres maraîchers destinés à atténuer les effets de la sécheresse en milieu nomade.
Sur la question énergétique, le PM a exposé là aussi la nouvelle stratégie énergétique de notre pays, qui consiste à promouvoir une énergie propre et renouvelable afin de réduire notre dépendance actuelle vis-à-vis du pétrole.
« L’Islande, a t-il dit, a confirmé son soutien pour la réalisation de trois forages dans la région du lac Assal, avec une production prévisible totale de l’ordre de 10 mégawatts ». Dans le prolongement de son argumentation il a aussi évoqué le projet de production d’énergie éolienne prévu au Goubet et à Galimaaba, avec des capacités de l’ordre de 30 mégawatts.
Sur les infrastructures, il a rappelé les réalisations portuaires, et routières, sans les quelles la croissance serait un vain mot, et qui est méthodiquement menée par le gouvernement : La route Obock-Tadjourah, la route national 1, les jetées qui ont été construites aussi bien à Tadjourah qu’à Obock.
Lors de son discours de politique générale, il a également évoqué divers autres questions, dont notamment les droits de l’Homme, le projet de loi réduisant l’impôt de solidarité sur les pensions de retraite, les interventions de l’Etat pour soutenir l’Habitat, dont notamment les 1600 logements de PK 12 en cours de lancement pour les citoyens à faibles revenus.
Notons qu’un débat sur le traditionnel discours de politique général aura lieu la semaine prochaine au Parlement, elle donnera l’occasion aux parlementaires de questionner le gouvernement sur les grandes orientations de l’action gouvernementale.
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