13/01/2009 - Israël, du sang sur les mains "Nos forces armées n’ont pas encore atteint tous les objectifs dans le Territoire". Les propos d’Ehud Barak, ministre israélien de la Défense, ont suscité colère et indignation partout dans le monde, en particulier dans les pays arabes.
En effet, s’il est vrai qu’ils mettent fin à tout espoir de trouver une issue rapide au massacre dont les populations civiles de Gaza sont aujourd’hui les victimes, il n’en demeure pas moins qu’ils traduisent la politique de terreur prônée depuis longtemps par l’Etat hébreu dans la région. Une politique qui n’en finit de surprendre parce qu’elle n’obéit tout simplement à aucune logique.
Autrement, comment privilégier toujours la voie de la guerre alors que tous les facteurs, la situation humanitaire à Gaza en tête, exigent la nécessité d’un arrêt immédiat des hostilités ?
"Compte tenu des pertes humaines de part et d’autre, surtout chez le peuple palestinien, la poursuite des combats est dorénavant inacceptable, à moins que Tshal n’ait pour véritable objectif que d’ériger sur les ruines de Gaza un Auschwitz palestinien, version Etat sioniste d’Israël", notait l’autre un fin observateur de la région.
Cela doit être d’autant plus vrai qu’il y a urgence de se pencher un peu sur la réalité sur le terrain, de marquer une pause pour regarder les choses en avance. Dix-huit jours après le début des bombardements et du déclenchement de l’offensive terrestre qui les a suivis, la situation est au plus mal dans la bande de Gaza. Mutilé, martyrisé, le peuple palestinien est on ne peut plus écrasé.
Les chiffres sont là, implacables, allant sans cesse dans l’ordre croissant, témoignant du degré de l’horreur et de la violence aveugle qui frappe les populations civiles de Gaza, les femmes et les enfants en particulier. Dix-huit jours après le début de l'agression militaire israélienne dans la bande de Gaza, on estime à plus de 990 le nombre de Palestiniens tués et à près 4200 celui de blessés. Plus de la moitié des victimes sont des femmes (80) et des enfants (400).
A ce triste tableau, il conviendrait un d’ajouter un chiffre, malheureusement indéterminé celui-là et, de ce fait, nullement évoqué : celui des disparus, ou plus exactement des corps sans vie ensevelis encore et toujours sous les décombres, comme l’ont rapporté des habitants de Gaza.
Autre détail passé sous silence ou, dans le meilleur des cas, glissé au détour d’une phrase sur les chaînes de télévisions occidentales par des confrères apparemment inspirés par le nouveau feuilleton du conflit israélo-palestinien, alors qu’ils sont en réalité "utilisés" par Tshal qui, en les empêchant d’approcher Gaza (officiellement pour leur sécurité), les a contraint à se contenter des informations fournies et contrôlées par elle-même : les raids israéliens ont déjà coûté la vie à nombre de médecins (3), de secouristes (15 ) et de journalistes (7) palestiniens.
Le dernier en date à succomber sous les feux israéliens est un humanitaire, issu lui aussi de la bande de Gaza. Son convoi a été visé, sans doute intentionnellement, par un char de l’armée hébreu. Résultat : acheminée dans un climat de peur et de suspicion, l’aide humanitaire arrive à présent difficilement à Gaza, après avoir été suspendue la semaine dernière.
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